Strasbourg, 16/12/2014 (Agence Europe) - Plusieurs groupes politiques du Parlement européen ont exprimé leur inquiétude, mardi 16 décembre, au sujet des récents événements en Turquie ayant conduit le gouvernement du pays à procéder à une vague d'arrestations de journalistes.
Une discussion sur cet événement aura lieu lors de la session plénière mercredi et une résolution sera mise au vote en janvier. « Nous sommes très déçus des décisions d'Erdogan » a expliqué Gianni Pittella, mardi 16 décembre, le leader du groupe S&D au PE déplorant des actions qui « musèlent la presse libre », constituent une « atteinte à la démocratie et violent le pilier fondamental de la liberté d'opinion ». Pour M. Pittella, Recep Tayyip Erdogan « travaille contre l'entrée de la Turquie dans l'UE ». L'UE, a dit l'Italien, a « le devoir » de se mêler des affaires de la Turquie, répondant ainsi aux reproches adressés par Ankara à l'UE.
Même inquiétude au PPE: son chef de file, l'Allemand Manfred Weber, s'est demandé s'il ne faudrait pas « réviser l'aide financière qu'on apporte dans ces circonstances ». Le groupe « demande aux autorités turques de respecter les droits de l'homme et les valeurs du libéralisme », a-t-il dit, considérant ces valeurs « essentielles » et indispensables du partenariat avec la Turquie. Le groupe des Verts/ALE, à l'origine avec le groupe GUE/NGL d'une demande de débat cette semaine à Strasbourg, s'est par ailleurs dit inquiet de la nature « systémique » des atteintes à des droits fondamentaux. « Le gouvernement effectue un abattage systématique des médias ; c'est une véritable régression », a dit l'Allemande Rebecca Harms. (SP)