Bruxelles, 11/12/2014 (Agence Europe) - Deux outils de la Commission européenne essentiels pour garantir la transparence et la responsabilité des dépenses d'aide de l'UE - les systèmes d'évaluation et de surveillance des projets pour s'assurer qu'ils soient bien orientés vers les résultats (Result oriented monitoring - ROM ) - ne sont pas fiables, affirme la Cour des comptes dans un rapport très critique publié jeudi 11 décembre. Et pour cause, selon la Cour, ces outils ne fournissent pas l'information adéquate sur les résultats des dépenses de l'UE en matière d'aide au développement (8 millliards d'euros par an).
Or, l'évaluation des projets et des programmes organisée par les délégations de la Commission dans les pays partenaires est mal gérée, la supervision générale est inadéquate, le nombre de ressources utilisées est opaque et l'accès aux résultats de ces évaluations fait défaut, résume Kerel Pinxten, auteur du rapport.
Et de préciser: « L'exigence de responsabilité concernant les dépenses de l'UE dans tous les domaines, n'a jamais été aussi grande. Faire rapport sur les réalisations en termes vagues ne suffit pas. La Commission doit disposer des outils fondamentaux nécessaires pour un système de reporting qui fournisse une information pertinente pour sa propre gestion et pour ses partenaires extérieurs. L'un de ces outils est un système d'évaluation solide qui alimente un processus général de reporting. À l'heure actuelle, le système d'EuropeAid est inadéquat ».
Le rapport met en évidence les lacunes suivantes: - la plupart des évaluations de programmes sont réalisées avant que les impacts et la durabilité des mesures ne soient connus et les évaluatons ex post n'ont généralement pas lieu puisqu'elles ne sont pas exigées ; - les évaluations d'impact et de durabilité par des tierces parties font cruellement défaut ; - le suivi des résultats des évaluations n'est pas assuré.
Les évaluations stratégiques (thématiques et par pays) sont mieux gérées et davantage orientées vers les résultats que l'évaluation des programmes, mais l'absence d'objectifs définis et d'indicateurs est un frein à l'évaluation. En outre, le programme d'évaluation stratégique prévu pour 2007-2013 n'a pas été totalement mis en oeuvre, relève la Cour. (AN)