Bruxelles, 11/12/2014 (Agence Europe) - Un nouveau design pour les cabines des camions fait l'objet d'un accord interinstitutionnel préliminaire Parlement-Conseil. Toutefois, il faudra attendre 2022 pour voir de nouveaux types de poids lourds, plus sûrs et aérodynamiques, sur les routes européennes. Une opportunité manquée pour certains.
Nouvelles cabines en 2022. Les négociateurs sont parvenus à un accord, mercredi 10 décembre au soir, sur la révision de la directive sur les poids et dimensions. La mesure phare qui consiste à autoriser la modification du design de la cabine des camions pour garantir un gain en termes d'émissions de CO2 (profilage aérodynamique) et de sécurité routière (« nez » arrondi et souple) ne sera véritablement applicable qu'aux alentours de 2022. Les négociateurs se sont entendus pour que ces dispositions, non obligatoires de surcroît, entrent en vigueur trois ans après une harmonisation technique qui doit encore être proposée par la Commission européenne (probablement sous forme d'une directive, traitée en codécision). Le Parlement aurait voulu qu'une nouvelle cabine fût disponible dès la transposition de la directive révisée (dans deux ans, soit en 2017), alors que le Conseil, sous l'influence des pays constructeurs de camions comme l'Allemagne, la Suède, la France ou la Roumanie, souhaitait reporter l'introduction sur le marché cinq ans après la transposition.
Révision en 2020. Si, en début de processus législatif, l'autorisation du trafic transfrontalier de méga-camions monopolisait le débat, les négociateurs ont évité l'écueil en introduisant une clause de révision de la directive en 2020 environ (trois ans après la transposition). Le Parlement européen suggérait pourtant à la Commission de présenter un rapport et une étude d'impact.
Le compromis préalable prévoit en outre l'installation d'un système de senseurs de poids sur les nouveaux modèles de camions, ainsi que des volets arrière pour gagner aussi en aérodynamisme. La définition révisée du transport combiné introduite dans cette directive par la Commission européenne n'a pas été conservée (EUROPE 11214).
Une ombre au tableau. Si le compromis global est « plutôt un bon résultat », selon le rapporteur Jörg Leichtfried (S&D, autrichien), contacté par Europe, il est moins au goût du Conseil européen pour la sécurité du transport (ETSC) et de Transport&Environnement. William Todts, au nom de cette association, estime que le fait de retarder à 2022 les modifications du design de la cabine vient assombrir une bonne nouvelle, somme toute, pour la sécurité des cyclistes ou des piétons. Le directeur exécutif d'ETSC est tout aussi catégorique, rappelant que chaque année perdue a un coût humain, car les améliorations techniques sont à même de sauver jusqu'à 900 vies. Les transporteurs routiers, via la Fédération internationale des transports routiers (IRU), se sont toutefois satisfaits du compromis.
Accord préliminaire. L'accord reste toutefois préalable, car il doit encore être validé formellement par le Coreper (mercredi 17 décembre) et par le vote de la commission parlementaire des transports, au début de 2015. (MD)