Bruxelles, 16/10/2014 (Agence Europe) - Le ministre turc des Affaires européennes, Volkan Bozkir, a demandé, jeudi 16 octobre, que la question de l'État islamique soit abordée d'une façon non conventionnelle.
« Ce groupe a pris une forme qui n'est pas conventionnelle, ce sera très difficile de le contrer avec des forces conventionnelles (type armée au sol, NDLR) », a-t-il expliqué devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, rappelant que seulement 800 combattants avaient réussi à prendre Mossoul défendue par 55 000 soldats irakiens. « La seule voie pour s'occuper de cette force non conventionnelle est avec des forces non conventionnelles. Si nous envoyons des forces conventionnelles, elles feront face à des difficultés », a-t-il ajouté. « Si on peut établir une coalition, les États-Unis devront être là, les puissances militaires européennes aussi. Nous pourrons peut-être utiliser des forces conventionnelles », a-t-il cependant précisé. Il a dénoncé le fait que les pays critiquent la Turquie pour ne pas envoyer des troupes, alors que personne ne veut le faire. « Nous n'avons pas l'intention d'envoyer des troupes dans un autre pays », a-t-il souligné. « Faisons-le tous ensemble, nous avons besoin d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, une décision de l'OTAN », a-t-il noté.
En alternative, le ministre a proposé d'utiliser les forces non conventionnelles déjà en Syrie, l'opposition 'modérée', pour faire face aux groupes jihadistes. « On les entraîne ensemble, on les équipe et on les envoie pour résoudre pour de bon le problème de l'État islamique», a-t-il expliqué. Selon lui, les combattants kurdes sont une légende, il n'y a pas de guérillas à envoyer en Syrie.
Il a aussi appelé à une zone d'exclusion aérienne.
Nouvelle stratégie de relations
Devant les députés, le ministre, qui travaille depuis 14 ans sur les affaires européennes, a aussi présenté la stratégie de son pays vis-à-vis de l'UE. « Nous avons rédigé une nouvelle stratégie vis-à-vis de l'UE. Ce sera la base de nos relations avec l'UE (…), notre plateforme principale », a-t-il expliqué. Il a précisé que son pays accordait une priorité absolue aux réformes politiques et voulait combler la différence entre « répondre suffisamment » aux critères politiques de l'UE et y « répondre pleinement ». La Turquie veut mettre en place une stratégie de communication. « Il s'agit de réparer l'image de l'UE en Turquie et l'image de la Turquie dans l'UE » en utilisant la société civile, a-t-il dit. Interrogé sur le problème chypriote, le ministre a précisé que cette question « tient à coeur » à son pays. « Nous essayons de résoudre le problème, la Turquie fera tout son possible », a-t-il conclu. (CG)