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Bulletin Quotidien Europe N° 11178
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Ebola, les États membres veulent vérifier l'efficacité des contrôles au départ

Bruxelles, 16/10/2014 (Agence Europe) - La majorité des États membres ont décidé d'un commun accord de procéder à une vérification de l'efficacité des contrôles mis en place dans les aéroports des trois pays africains où sévit l'épidémie d'Ebola, ont annoncé le commissaire chargé de la Santé, Tonio Borg, et la ministre italienne de la Santé, Beatrice Lorenzin, à l'issue de la réunion de haut niveau sur l'épidemie d'Ebola, organisée à Bruxelles jeudi 16 octobre. Ceci afin de permettre une meilleure traçabilité des éventuels porteurs du virus dans l'Union européenne. « Je pense qu'il est important que nous restions vigilants et que nous considérions tous les moyens de préparation pour assurer la santé et la sécurité de nos citoyens (…) Ceci n'est pas une réunion extraordinaire du Conseil et nous ne sommes pas ici pour nous entendre formellement ni adopter des conclusions. Nous sommes présents pour discuter des options possibles pour nous pencher sur ce sujet très important », a précisé M. Borg, s'adressant aux États membres, au début de la réunion.

Vingt et un États membres ont répondu 'présent' à l'appel lancé vendredi dernier par la Commission européenne et la Présidence italienne pour participer à une réunion de haut niveau sur l'épidémie Ebola et, plus particulièrement, pour discuter de la nécessité de renforcer la coordination des mesures de contrôle prises à l'entrée des États membres. C'est aux États membres qu'il revient d'évaluer si des contrôles à l'entrée sont nécessaires, mais ce qui essentiel, c'est de coordonner les efforts, si tel est le cas, et la Commission est là pour aider les États membres à mieux coopérer, a souligné le commissaire Borg. « Il y a eu un consensus pour mieux coordonner les mesures nationales, mais la décision d'effectuer de tels contrôles (à l'entrée) dépend des États membres. Ni un accord à la majorité ni la Commission ne peuvent imposer de telles mesures, mais il y a accord pour une meilleure coordination dans les délais les plus brefs », a expliqué le commissaire. « Il est essentiel d'intensifier la coordination et de développer des mesures de prévention », a ajouté la ministre Lorenzin.

Si les avis divergent quant à la nécessité d'imposer des contrôles à l'entrée, comme l'ont décidé le Royaume-Uni et, plus récemment, la France, les États membres se sont mis d'accord pour vérifier l'efficacité des contrôles au départ des pays touchés (Libéria, Guinée et Sierra Leone) et renforcer ces mesures, s'il s'avère que c'est nécessaire. Un audit sera mené à cet effet, en coopération avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a souligné le commissaire Borg. Renforcer les contrôles au départ et assurer l'échange des informations collectées auprès des passagers peuvent permettre « de garder les traces de tous les mouvements » des voyageurs en provenance de l'épicentre de l'épidémie, a expliqué la ministre italienne de la Santé, Béatrice Lorenzin. Un workshop d'experts sera par ailleurs organisé le 4 novembre prochain à Bruxelles pour « voir s'il faut modifier les procédures de prise en charge » des malades dans les hôpitaux, a également annoncé M. Borg, suite à l'erreur manifeste survenue dans les procédures suivies dans l'hôpital de Madrid ayant entraîné la contamination d'une infirmière.

La réunion a aussi permis de dégager un consensus pour renforcer l'information, tant aux passagers qu'au personnel médical, sur la marche à suivre en cas de soupçon de contamination. « Il faut renforcer la prise de conscience aux points d'entrée » et, pour ce faire, former le personnel dans les aéroports et les équipages, afin qu'ils sachent comment réagir, si un passager présente des symptômes suspects ou s'il demande de l'aide, a souligné le commissaire Borg. Le commissaire a une nouvelle fois affirmé que les risques de contagion dans l'Union européenne sont « très bas », même s'il y a eu un cas avéré en Espagne et que d'autres cas peuvent encore se déclarer dans l'Union européenne, le risque zéro n'existant pas. « Ce qui est très important aussi, c'est d'apporter un message rassurant aux citoyens » sur l'état de préparation de nos systèmes de santé et les ressources dont nous disposons pour faire face à l'apparition d'Ebola sur notre territoire, a ajouté Mme Lorenzin. « Nous avons de bons hôpitaux, de bons systèmes et de bon docteurs pour traiter nos citoyens », a-t-elle affirmé.

Sur la question de l'évacuation du personnel médical européen en cas de contamination sur le sol africain, le commissaire Borg a confirmé que la Commission était en contact avec les États-Unis pour utiliser les avions militaires américains à ces fins. « Mme Georgieva et ECHO y travaillent intensément ». « Ceux qui travaillent en Afrique de l'Ouest doivent avoir l'assurance de pouvoir être évacués », a souligné le commissaire.

Enfin, la Commission va aussi examiner si le dispositif européen d'achats groupés de vaccins récemment instauré pourrait être utilisé pour l'achat du matériel médical requis (gants, combinaisons, masques....) pour faire face à Ebola. (IL)

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