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Bulletin Quotidien Europe N° 11178
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SOCIAL / (ae) social

Stratégie Europe 2020 - un échec collectif, mais une responsabilité individuelle

Luxembourg, 16/10/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens du Travail se sont retrouvés à Luxembourg, jeudi 16 octobre, pour tenir notamment un débat d'orientation sur l'examen à mi-parcours de la stratégie EUROPE 2020, y compris le processus du 'Semestre européen'. Si la situation actuelle et les prévisions économiques ne laissent que peu d'espoir quant à la possibilité d'atteindre les objectifs sociaux de cette stratégie, les États membres ne comptent rien changer en ce qui concerne leurs ambitions collectives.

La Commission européenne, le Conseil de l'UE, le Comité de l'emploi et le Comité de la protection sociale sont tous sur la même longueur d'onde: il ne faut pas toucher aux objectifs de la stratégie EUROPE 2020. Ainsi, assurer un emploi à 75% de la population de l'UE âgée de 20 à 64 ans et réduire d'au moins 20 millions le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l'exclusion sociale d'ici à 2020 restent deux objectifs des plus valables. Cela, dans un contexte où le taux de chômage dans l'UE reste à un niveau record historiquement et où le nombre de personnes pauvres ou exclues n'a cessé de croître.

Réformes structurelles et responsabilité individuelle des États membres sont les deux thèmes qui ont été le plus souvent évoqués durant le débat, d'une manière toujours indissociée. La tentative du commissaire Laszlo Andor (Emploi et Affaires sociales) d'insuffler au débat plus de consistance macro-économique, donc aussi l'esprit d'une certaine responsabilité collective - en évoquant notamment l'insuffisance des seules réformes structurelles, le besoin de passer d'une stratégie de gestion de crise à une stratégie à long terme et l'idée que l'UE se dote d'un régime commun de revenu minimum pour contribuer à une plus grande convergence sociale entre les États membres - n'a pas porté ses fruits.

Dans leur grande majorité, les 28 ministres du Travail ont en effet préféré se limiter à parler de la stratégie EUROPE 2020, du 'Semestre européen' et de la responsabilité de chaque État membre de se tenir à ses propres engagements. Seuls quelques-uns, comme les ministres polonais et slovène, ont souhaité marquer leur différence fondamentale, le premier martelant que la priorité doit être accordée à la croissance économique, le second répondant que la croissance ne peut être une fin en soi. Le débat a donc été plus 'terre à terre', touchant davantage à des détails procéduraux du 'Semestre européen'.

Il n'est ainsi pas question d'introduire dans ce processus des changements majeurs, ont notamment souligné le Royaume-Uni et la Lituanie. Une opinion qui a fait plutôt consensus, même si de nombreuses délégations, comme l'allemande, la slovaque, la croate, la danoise et la roumaine, ont insisté sur le besoin que la Commission les avise plus en aval du processus sur la nature de ses recommandations par pays. D'autres ont évoqué une nouvelle fois le besoin d'une meilleure synergie entre le Conseil Emploi et Affaires sociales et le Conseil Économie et Finances. Seuls quelques États, comme le Portugal et les Pays-Bas, ont suggéré clairement une meilleure coordination des politiques sociales.

Quant à la stratégie EUROPE 2020, ses objectifs chiffrés restent ainsi valables et pertinents, tout comme ils l'ont été en 2010, ont estimé unanimement les ministres. Il ne reste plus qu'à faire un peu plus d'efforts sur le plan national et de compter sur la prochaine Commission pour donner une impulsion supplémentaire à la croissance économique. Ce Conseil est que ce n'est pas le bout du chemin qu'on essaye de parcourir qui compte, mais le fait qu'on continue tout simplement à marcher: voilà le message qu'a finalement voulu transmettre le Conseil. À l'issue de toutes les consultations, la Commission devrait présenter, en début de l'année 2015, des propositions concernant la poursuite de cette stratégie. (JK)

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