Bruxelles, 16/10/2014 (Agence Europe) - Les taux grecs d'emprunt à long terme ne sont guère stabilisés malgré le ton rassurant utilisé par le ministre grec des Finances et la détermination affichée par la Commission européenne, jeudi 16 octobre, alors que la piqûre de rappel des marchés financiers née de la faiblesse de l'économie européenne touche désormais l'ensemble des États membres.
Le ministre grec des Finances, Gikas Hardouvelis, s'est voulu rassurant. Il a estimé que la réaction des marchés ne reflétait pas les perspectives réelles de l'économie de son pays. « Ces marchés savent que, très souvent, ils sont nerveux, excessifs dans leur réaction », a-t-il dit devant le Parlement national, cité par Reuters.
La Commission s'est évertuée à prendre les marchés de vitesse en affichant sa détermination infaillible à soutenir la Grèce. « Il ne fait aucun doute que l'Europe continuera à assister la Grèce de toutes les manières possibles afin de garantir des conditions de financement raisonnables pour l'État grec et faciliter son retour complet et durable sur les marchés », a indiqué le vice-président de la Commission européenne chargé des Affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen.
La presse faisait état, jeudi, d'une volonté de la BCE de réduire la décote sur les titres de garanties des banques grecques pour permettre à ces institutions financières de bénéficier, avec les mêmes titres, de davantage de liquidités. Cette mesure de soutien aurait été décidée mercredi soir.
Les rendements des obligations grecques à dix ans ont dépassé 9%, jeudi, niveau le plus haut depuis janvier, alors que les taux à 3 et 5 ans ont franchi le seuil de 7%. À titre de comparaison, la Grèce a emprunté à 5 ans en avril à un taux à peine inférieur à 5%. Les rendements ont suivi cette même tendance à la hausse depuis environ trois jours. Mercredi, la Bourse d'Athènes a chuté de près de 6%.
Plusieurs explications à cette remontée des taux sont avancées: la crainte de l'instabilité politique en Grèce, la volonté affichée de sortie sans filet du plan de sauvetage de l'eurozone ainsi que celle d'une sortie précoce du programme du FMI. La nervosité des marchés concernant la situation économique dans l'UE est aussi évoquée. Pour la Commission, une « multitude de facteurs » affectent le sentiment des marchés.
Appel à la raison prémonitoire de Klaus Regling. Dans un entretien accordé à MNI publié jeudi, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, a déclaré qu'une « des raisons pour lesquelles émettre des obligations à 5 ou 7 ans est désormais relativement facile pour la Grèce » réside dans le fait que les investisseurs savent qu'il n'y aura pas de problème de paiement du service de la dette grecque pour les dix prochaines années.
M. Regling s'est rangé du côté de l'Eurogroupe au sein duquel il y a un « fort consensus » pour dire que l'achèvement du plan d'aide pour la Grèce doit être « soutenable et crédible ». À la question de savoir si cela signifiait une ligne de crédit préventive du MES, M. Regling a répondu par l'affirmative. « Je pense qu'au sein de la zone euro il y a beaucoup de sympathie pour l'idée que la Grèce devrait avoir un arrangement de précaution pour accompagner les efforts de réformes. Cela pourrait être une solution de repli si (les Grecs) ont besoin de plus d'argent », a-t-il considéré. (EL)