Bruxelles, 08/10/2014 (Agence Europe) - Alors que la conférence des présidents des groupes du PE doit officiellement évaluer, ce jeudi 9 octobre, les auditions des 27 commissaires-candidats de l'équipe Juncker, les groupes politiques étaient attachés, mercredi 8 octobre, à sauver leurs candidats jugés fragiles, plusieurs votes étant d'ailleurs prévus dans la soirée. L'heure était à la recherche de solutions permettant de ne pas trop retarder l'entrée en fonction de la Commission Juncker.
Depuis lundi soir, c'est le sort de la Slovène Alenka Bratusek qui concentre l'attention, sa prestation pour être confirmée au poste de vice-présidente de l'Union de l'énergie ayant été majoritairement jugée mauvaise. Dans la journée, plusieurs rumeurs ont affirmé que la Slovène s'était retirée de la course, ce qu'elle a démenti. Les porte-parole de Jean-Claude Juncker ont démenti cette information et maintenu que l'ex-Premier ministre slovène restait candidate. Mercredi en milieu d'après-midi, les Libéraux avaient indiqué avoir le soutien du groupe PPE pour organiser une nouvelle audition de Mme Bratusek, qu'ils souhaitent tenir le plus tôt possible mais étaient suspendus à une décision des autres groupes. Mais le PPE, en accord avec le S&D, a indiqué en fin de journée ne pas vouloir de seconde audition et s'apprêtait à voter contre la Slovène lors d'un vote à 18h30. La famille ADLE dit de son côté avoir eu les assurances du gouvernement slovène qu'en cas d'échec de Mme Bratusek, une autre femme d'obédience libérale serait envoyée en remplacement de Mme Bratusek. Ce scénario infirmerait alors des informations selon lesquelles l'eurodéputée socialiste slovène Tanja Fajon serait prête à assurer la relève. Mme Bratusek devrait se résigner à partir si elle n'a pas la possibilité d'être réentendue, selon une source. Du côté des Libéraux, aucun changement de portefeuille ni abandon de vice-présidence n'étaient en tous cas envisagés. « Tout se passera bien », parie une source, Miguel Arias Canete « restera à sa place » et le Hongrois Tibor Navracsics se verra seulement amputé du volet citoyenneté de son portefeuille.
Dans la soirée, c'est le sort des commissaires français, finlandais, letton et britannique qui devait aussi être tranché. Le nom du Finlandais du PPE Jyrki Katainen (Emploi, Croissance, Investissement et Compétitivité) aura été le premier sur lesquels les coordinateurs auront eu à se prononcer, en soirée. Ont suivi, dans l'ordre, les votes sur Lord Hill du groupe CRE (Stabilité financière, Services financiers, Union du marché des capitaux), le socialiste Pierre Moscovici (Affaires Économiques et financières, Fiscalité et Union douanière) et Vladis Dombrovskis du PPE (vice-présidence à l'Euro et au Dialogue social). Trois groupes ont demandé un vote sur M. Katainen (GUE/NGL, verts et EFDD).
Là encore, la grande coalition formée autour des groupes PPE, S&D et ADLE resserreraient les rangs, mardi après-midi. L'ADLE et le S&D entendaient en principe soutenir ces quatre candidats. Le PPE attendait de voir comment le S&D voterait avant de donner sa voix à Pierre Moscovici. Lord Hill, que la commission ECON a soumis à une seconde audition, devait en principe recevoir l'appui de la grande coalition, ainsi que du groupe CRE. Du côté des verts, on affirmait que le candidat Katainen pourrait être soutenu, mais pas à ce poste. Certains doutes entouraient également le vote des verts sur le candidat Dombrovskis. Seul M. Moscovici était sûr de recevoir leur vote favorable. (SP/EL)