Bruxelles, 08/10/2014 (Agence Europe) - « Voir une épidémie comme celle en Afrique arriver en Europe est hautement improbable », a assuré Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire chargé de la Santé, Tonio Borg, mercredi 8 octobre, interrogé sur les risques d'assister à une propagation du virus Ebola dans les États membres. Une réunion du Comité de sécurité sanitaire (HSC) de l'UE se tenait le même jour afin d'examiner la situation en Espagne, où un premier cas de contamination d'Ebola en Europe a été identifié. Le HSC a examiné le processus d'évacuation financé par la Commission européenne et le cas espagnol a été discuté ; les Espagnols ont fait le point sur les recherches menées pour identifier les causes de la contamination et expliqué la situation aux autres États membres par rapport au personnel médical mis en isolation, a expliqué M.Vincent, en précisant qu'aucune conclusion définitive ne pouvait être tirée à ce stade. Selon les informations qui lui seront transmises par les autorités espagnoles, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l'agence européenne qui a pour but de renforcer la lutte contre les maladies infectieuses en Europe, pourrait décider, d'ici la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine au plus tard, de revoir le protocole d'évaluation du risque, a ajouté le porte-parole. Ceci afin de voir si les recommandations doivent être affinées.
L'UE a décidé, d'autre part, à l'issue de la réunion du HSC, de renforcer l'information aux voyageurs et professionnels de la santé pour qu'ils puissent prévenir une pénétration du virus sur le territoire européen et pour assurer que les voyageurs et les professionnels de la santé puissent identifier le plus tôt possible des cas d'Ebola.
Lundi 6 octobre, l'Espagne a officiellement annoncé qu'une aide soignante avait contracté le virus Ebola auprès des deux missionnaires rapatriés d'Afrique de l'Ouest à Madrid et décédés depuis. C'est le premier cas d'une contamination d'Ebola sur le sol européen. La Commission avait immédiatement demandé des « éclaircissements » à l'Espagne pour savoir comment cette contamination avait pu avoir lieu.
Un relâchement de certaines procédures, notamment dans la manipulation des corps et des déchets médicaux, pourrait expliquer cette contamination selon la Commission. « Il y a évidemment eu un problème quelque part », a souligné Frédéric Vincent, puisque les États membres sont censés avoir mis en place des procédures coordonnées pour prévenir l'entrée du virus dans l'UE. Mais il ne faut pas tomber dans la psychose: « quand les mesures de sécurité, notamment en milieu hospitalier, sont appliquées, le risque est contrôlé (…) On a des systèmes de santé performants et efficaces et les moyens de détecter s'il y a des problèmes, les gens sont traités et isolés », a ajouté le porte-parole. Jusqu'à lundi 6 octobre, huit cas d'Ebola ont été détectés. « La situation en Europe n'est en rien comparable avec ce qui se passe en Afrique. Quand les mesures sont en place, cela fonctionne », a répété Frédéric Vincent. (IL)