Bruxelles, 08/10/2014 (Agence Europe) - Dans un rapport publié mercredi 8 octobre, la Cour des comptes de l'UE a jugé, après avoir analysé une série de projets dans les États membres, que le Fonds pour les frontières extérieures (FFE) de l'UE, doté de 1,9 milliard d'euros pour la période 2007-2013, avait contribué à aider les États membres à gérer les frontières communes et à renforcer la solidarité financière entre les États. Mais elle estime que la valeur ajoutée du Fonds est restée limitée et son utilisation parfois sujette à caution.
« L'auditeur externe de l'UE a constaté que les programmes des États membres ne s'inscrivaient pas dans des stratégies nationales concernant le contrôle des frontières et les visas et qu'ils n'étaient assortis ni d'objectifs SMART ni d'indicateurs mesurables. Les procédures de sélection de projets n'ont pas permis de répondre aux besoins réels des États membres et ceux-ci ont mis en place des procédures de marchés publics inadéquates risquant de compromettre la bonne gestion financière », affirme ainsi la Cour des comptes.
« La Cour a relevé que de graves faiblesses affectaient la gestion du Fonds dans des États membres concernés au premier chef (la Grèce, l'Espagne, l'Italie et, pour les premières années de financement, Malte). En raison de ces faiblesses, la gestion des frontières pourrait ne pas être renforcée de façon adéquate là où cela s'avère le plus nécessaire. Le faible taux d'exécution enregistré dans certains pays a limité l'efficacité du Fonds. En outre, il conviendrait d'améliorer la contribution du Fonds aux opérations de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne (Frontex) », tranche encore la Cour.
La Cour recommande notamment à la Commission de s'assurer que tous les indicateurs à utiliser sont pertinents, mesurables et, si possible, associés à une valeur cible. Les États membres devraient disposer, au sein de leur administration, des compétences appropriées pour définir et appliquer des objectifs SMART et des indicateurs mesurables. Les programmes nationaux relatifs au FFE devraient reposer sur une stratégie globale de gestion des frontières, élaborée par les États membres sur la base d'une analyse des risques conforme au modèle d'analyse commune et intégrée des risques. (SP)