Bruxelles, 08/10/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a appelé, mercredi 8 octobre, à ce que soient définis « dès que possible » les critères de référence pour les chapitres 23 (pouvoir judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (justice, liberté, sécurité) pour la Turquie. Ces chapitres des négociations d'adhésion avec ce pays sont bloqués par Chypre en raison de l'occupation turque du nord de l'île. « Il est dans l'intérêt de la Turquie et de l'UE que les critères d'ouverture des chapitres 23 et 24 soient arrêtés et communiqués à la Turquie dès que possible en vue de permettre l'ouverture de négociations en vertu de ces deux chapitres », souligne le rapport de progrès 2014 sur la Turquie. « L'ouverture de négociations sur ces chapitres doterait la Turquie d'une feuille de route détaillée pour les réformes dans le domaine essentiel » des droits fondamentaux, explique-t-elle. « Cela pourrait donner une forte impulsion au processus de négociation », selon la Commission.
Dans son rapport, la Commission s'inquiète, entre autres, quant à l'indépendance de la magistrature et à la séparation des pouvoirs. « Les tentatives visant à interdire les médias sociaux, annulées plus tard par la Cour constitutionnelle, et les pressions sur la presse conduisant à une autocensure généralisée reflètent une approche restrictive de la liberté d'expression », ajoute-t-elle, précisant que l'approche adoptée dans le domaine de la liberté de réunion reste « restrictive ».
La Commission salue cependant les progrès de la Turquie, avec la poursuite de la mise en œuvre des réformes annoncées dans le paquet de démocratisation de septembre 2013, l'entrée en vigueur de l'accord de réadmission UE-Turquie le 1er octobre 2014 et des efforts renouvelés pour un règlement pacifique de la question kurde.
Pour la Commission, il est temps de « travailler à libérer tout le potentiel de l'union douanière » et de développer un dialogue économique actif et de grande envergure. « Le développement du dialogue et de la coopération sur les questions de politique étrangère d'intérêt commun est nécessaire », ajoute-t-elle. La Commission rappelle qu'il est « maintenant urgent » qu'Ankara mette pleinement en œuvre le protocole additionnel et fasse des progrès vers la normalisation des relations avec la République de Chypre. (CG)