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Bulletin Quotidien Europe N° 11172
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AFFAIRES & ENTREPRISES N°119 / (ae) Économie

Le FMI revoit à la baisse ses perspectives de croissance mondiale pour 2014. Le dernier rapport du FMI sur les « Perspectives de l'économie mondiale », publié mardi 7 octobre, confirme une reprise décevante et inégale de l'économie mondiale. Le FMI prévoit que la croissance mondiale atteindra en moyenne 3,3% en 2014, comme en 2013, et passera à 3,8% en 2015. La dégradation des perspectives de croissance mondiale pour 2014 tient à un tassement de l'activité économique dans les pays avancés au premier semestre de 2014 et à des perspectives moins optimistes pour plusieurs pays émergents, indique le rapport. Les taux de croissance potentielle, c'est-à-dire le rythme auquel la production annuelle peut progresser sans faire monter l'inflation, sont révisés à la baisse aussi. Selon l'expert du FMI, Olivier Blanchard, deux forces pèsent sur la reprise de l'économie mondiale. Dans les pays avancés, les séquelles de l'expansion d'avant la crise et la récession qui s'ensuivit, notamment le niveau élevé de l'endettement et du chômage, font encore sentir leurs effets sur la reprise et la faiblesse de la croissance potentielle à terme est un sujet de préoccupation. En outre, plusieurs pays émergents s'ajustent à une croissance potentielle plus basse. Dans le monde entier, l'investissement est plus faible que prévu depuis quelque temps, note encore le FMI. En conséquence, la croissance reste médiocre. Autre constat: l'évolution économique se différencie dans les principaux pays et régions, et le rythme du redressement tient à divers facteurs propres aux différents pays. Pays avancés. Dans les pays avancés, la croissance devrait passer à 1,8% en 2014 et à 2,3% en 2015. Le redressement prévu de l'activité tient principalement à une accélération de la croissance aux États-Unis (2,2% prévu en 2014 et 3,1% en 2015), après une baisse temporaire au premier trimestre de l'année. La croissance de l'emploi est vigoureuse et les bilans des ménages se sont améliorés grâce aux conditions financières favorables et au redressement du marché du logement. Dans la zone euro, la croissance inférieure aux prévisions qui a été observée récemment met en évidence des fragilités persistantes. Le FMI prévoit pour les pays de la zone une croissance de 0,8% en 2014 et de 1,3% en 2015. Une reprise progressive, mais faible, portée par une forte compression des écarts de taux d'intérêts pour les pays en difficulté et des taux d'intérêt à long terme au plus bas dans les pays du cœur de la zone euro. Pour l'Allemagne, le FMI prévoit une croissance de 1,4% en 2014 et de 1,5% en 2015, de 0,4% et de 1% respectivement pour la France, de -0,2% et de 0,8% pour l'Italie et de 1,3% et 1,7% pour l'Espagne. Au Japon, le PIB s'est contracté plus que prévu au deuxième trimestre de 2014 à la suite d'un relèvement de la taxe sur la consommation. L'investissement privé devrait se redresser et la croissance rester plus ou moins stable en 2015. Pays émergents. La croissance des pays émergents et des pays en développement continuera de représenter l'essentiel de la croissance mondiale. Néanmoins, à 4,4% pour 2014, la prévision de croissance est un peu plus basse que celle de l'édition d'avril 2014 sur les perspectives mondiales. Ce ralentissement s'explique par l'atonie de la demande intérieure et l'impact des tensions géopolitiques croissantes, en particulier sur la Russie et les pays voisins. En Chine, la croissance devrait ralentir légèrement en 2014-2015 pour s'établir à 7,4%, tandis que l'économie adopte une trajectoire plus viable. La croissance devrait rester vigoureuse ailleurs dans les pays émergents et en développement d'Asie. En Amérique latine, le taux de croissance devrait diminuer de moitié cette année pour atteindre environ 1,3% en raison de facteurs extérieurs, y compris des exportations plus faibles que prévu, et de contraintes intérieures. La croissance devrait rebondir aux environs de 2,2% en 2015. En Afrique subsaharienne, une croissance plus élevée est attendue en raison d'une demande extérieure favorable et d'une forte demande d'investissement, même si les perspectives varient d'un pays à l'autre. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la reprise semble fragile alors même que la croissance devrait commencer à s'accélérer de manière modeste grâce à l'amélioration de la situation sécuritaire intérieure et à l'affermissement de la demande extérieure. Des considérations similaires expliquent une progression modeste de l'activité en Russie et dans les autres pays de la Communauté des États Indépendants. (IL)

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AFFAIRES & ENTREPRISES N°119