Milan, 08/10/2014 (Agence Europe) - Le sommet européen sur l'emploi et la croissance, réuni mercredi 8 octobre à Milan, a fait le point sur la mise en œuvre de la 'garantie jeunes' et d'une pérennisation jusqu'en 2020 de ce dispositif visant à lutter contre le chômage des jeunes et doté de 6 milliards d'euros pour 2014 et 2015 (EUROPE 11171).
Volontaristes, la France et l'Italie, qui mobilisent à elles-deux 1,5 milliard d'euros pour cette action, ont demandé à ce que la 'garantie jeunes' soit dotée de 20 milliards d'euros, soit 3 milliards par an entre 2016 et 2020. « 6 milliards d'euros, c'est trop peu », a estimé le président français, François Hollande, à son arrivée à Milan. Nous espérons que cette proposition sera soutenue par une forte majorité d'États membres sauf peut-être le Royaume-Uni, a indiqué un diplomate. Selon lui, une part de ces 20 milliards d'euros pourrait provenir du plan d'investissement que la Commission 'Juncker' élaborera dans les 3 mois suivant son investiture.
« Il convient de bien consommer les crédits avant d'en demander de nouveaux », aurait néanmoins nuancé le président sortant de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Dans la même veine, la chancelière allemande, Angela Merkel, a souligné l'importance d'utiliser les schémas et les fonds existants.
En dehors de la validation définitive par la Commission des programmes opérationnels des 20 États bénéficiaires (ceux où des régions ont un taux de chômage des jeunes supérieur à 25%), les chantiers se situent essentiellement au niveau national, afin d'offrir à tout jeune de moins de 25 ou 30 ans un emploi, une formation ou un stage dans les 4 mois suivant son arrivée sur le marché du travail (EUROPE 11057).
Dans un contexte de disette budgétaire, la mise en place de la 'garantie jeunesse', qui exige des réformes structurelles des systèmes de formation, d'enseignement et de recherche d'emploi, coûte cher. De surcroît, à l'image du fonctionnement des fonds structurels, le taux de préfinancement de l'initiative pour l'emploi des jeunes a été fixé à 1%, une règle qui irrite certaines capitales contraintes à faire l'avance de fonds.
Réformes structurelles. À Milan, les dirigeants sociaux-démocrates italien et français ont tenté de convaincre leurs partenaires qu'ils ont engagé leur pays dans de véritables réformes de structure dans l'espoir d'infléchir la politique économique menée au niveau européen.
« Nous changeons le pays », a déclaré le Premier ministre italien, Matteo Renzi. Le gouvernement italien est fortement impliqué dans une réforme du marché du travail, qui vise notamment à flexibiliser les licenciements. Ce 'Jobs Acts' passe mal auprès des syndicats, prêts à descendre dans la rue, et jusque dans les rangs même du parti gouvernemental. Mercredi, le Sénat italien était appelé à se prononcer sur la réforme, le gouvernement italien ayant assorti ce vote d'une motion de confiance. « Il y a suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés » sur le plan des réformes, a dit M. Hollande, citant pêle-mêle la relance du dialogue social, la révision des seuils sociaux, la simplification administrative et la future loi sur la croissance.
Ces réformes qui, combinées à des coupes budgétaires, ont d'abord un impact négatif sur les finances publiques, s'inscrivent dans un contexte conjoncturel défavorable marqué par une croissance atone. Mardi, le FMI a en effet ramené la croissance du PIB de la zone euro de 1,1% à 0,8%. « Il faut adapter le rythme de consolidation budgétaire, sinon la croissance est menacée. Nous sommes tous concernés », a fait valoir M. Hollande. « Même Mme Merkel a intérêt à ce que la zone euro se porte bien pour que l'économie allemande se porte bien », soulignait-on dans son entourage. Selon le président français, le débat budgétaire battra son plein lors des sommets de l'UE et de la zone euro des 23 et 24 octobre, au moment même où la Commission s'apprêtera à émettre un avis sur les projets de budget nationaux pour 2015 (EUROPE 11170). (MB et JK)