Bruxelles, 21/05/2014 (Agence Europe) - Les ministres de la Culture de l'UE ont reconnu, mercredi 21 mai, l'importance de mieux coopérer afin de cerner plus concrètement les défis communs à relever en matière culturelle et de développer les politiques adéquates, au cours d'un débat destiné à définir les priorités du prochain plan de travail en faveur de la culture.
La culture doit être protégée, valorisée, rester accessible à tous et se répandre grâce aux nouvelles technologies, car c'est un secteur rassembleur, qui peut redonner de l'enthousiasme aux citoyens en cette période de défiance envers le projet européen, a souligné le ministre grec de la Culture et de l'Audiovisuel, Panos Panagiotopoulos. « Notre discussion a été excellente et créative. Elle a montré que dans l'Europe d'aujourd'hui et de demain, la priorité à accorder à la culture doit encore être mieux mise en exergue. Il ne s'agit pas seulement d'un facteur d'identité commune, mais aussi d'un outil exceptionnel qui aidera au développement économique de l'Europe et, dans cette période de crise, d'un outil stratégique de cohésion sociale », a conclu M. Panagiotopoulos. « Je ne peux qu'être d'accord avec vous, il faut renforcer le portefeuille de la culture », a indiqué la commissaire en charge de la culture, Androulla Vassiliou. Elle a rappelé, à cette occasion, l'importance de la numérisation du patrimoine artistique et culturel européen et la nécessité pour les États membres de contribuer à l'enrichissement de la bibliothèque numérique européenne, Europeana.
Les priorités doivent être mieux définies, se concentrer sur des actions clés à envisager prioritairement, ont souligné les ministres et les représentants des États membres au cours du débat. Ils proposent comme priorités: la numérisation des biens culturels, avec la protection des droits d'auteur comme élément fondamental, la protection des biens culturels européens dans un environnement de plus en plus mondialisé et la préservation des sites face aux catastrophes naturelles qui se multiplient en raison des changements climatiques, la recherche de nouveaux modèles de financement pour un meilleur soutien à la création culturelle et des actions en faveur de la mobilité des artistes et des oeuvres. Les ministres et la commissaire Vassiliou ont souligné par ailleurs le caractère transversal de la culture et l'impact sur le secteur de la culture des décisions prises dans de nombreuses autres politiques (notamment éducation et recherche). D'où la nécessité d'établir des liens avec les autres ministères. Certains pays, France en tête, ont rappelé le caractère unique de la culture, qui ne peut être considéré comme un bien économique usuel (exception culturelle) et doit, par conséquent, être retiré du champ d'application du partenariat transtlantique. De nombreuses voix se sont élevées par ailleurs (Lettonie, Suède, Irlande, Estonie, République tchèque, Pologne, Autriche, Belgique, notamment) en faveur de statistiques actualisées et fiables pour cerner plus exactement les réalités du secteur culturel et les priorités à définir pour l'avenir. Consciente du manque de telles données, la commissaire Vassiliou a indiqué que les services de la Commission planchent actuellement sur la possibilité de compiler des données probantes qui illustreront l'importance économique de la culture. Les statistiques sur la culture, compilées par l'Office statistique européen Eurostat avec lequel elle collabore, devraient par ailleurs devenir plus fréquentes, a ajouté la commissaire.
Depuis 2002, le Conseil recourt aux plans de travail en faveur de la culture en tant qu'outils stratégiques à moyen terme pour définir les domaines prioritaires dans lesquels il estime qu'il convient de mener les travaux au niveau des experts. Le prochain plan de travail sera élaboré d'ici la fin de l'année et la présidence grecque a voulu mener une réflexion à ce sujet, pour mieux planifier les priorités qui devront y figurer. (IL)