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Bulletin Quotidien Europe N° 11084
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Dépendance extérieure, l'UE se mobilise

Bruxelles, 21/05/2014 (Agence Europe) - Avec en toile de fond la crise ukrainienne, l'élaboration de propositions pour réduire la dépendance énergétique extérieure de l'UE était au centre d'une conférence qui a rassemblé le président de la Commission, José Manuel Barroso, le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, mercredi 21 mai à Bruxelles.

Comme le lui a demandé le Conseil européen lors de sa dernière réunion, mardi 20 et mercredi 21 mars (EUROPE 11044), la Commission va présenter aux dirigeants européens, lors du sommet des 26 et 27 juin, une étude approfondie sur la sécurité énergétique et un plan d'action pour réduire la dépendance énergétique de l'UE. L'objectif est d'accroître les efforts à l'échelle de l'UE pour réduire les taux élevés de dépendance au gaz en Europe, en particulier pour certains États membres très dépendants, notamment à l'égard de la Russie.

C'est la deuxième fois depuis 2006, date du premier différend gazier russo-ukrainien, que le Conseil européen charge la Commission d'élaborer de telles actions.

En 2013, l'UE a acheté 133 milliards de m3 de gaz à la Russie, soit 25% du gaz qu'elle importe, pour une facture de 35 milliards d'euros. Or, près de la moitié de ces achats transite par l'Ukraine, de nouveau en défaut de paiement pour son approvisionnement en gaz russe, ce qui fait planer la menace d'une rupture des approvisionnements en gaz russe pour l'UE, comme lors des différends russo-ukrainiens de 2006 et 2009.

Intervenant devant la conférence, mercredi après-midi, le commissaire Oettinger a laissé entendre que les nouvelles propositions de la Commission prévoient des mesures à court, moyen et long termes pour accroître la sécurité d'approvisionnement de l'UE. L'exécutif européen remettra notamment au goût du jour une proposition que les États membres avaient rejetée par le passé, a rappelé M. Oettinger, celle de porter les stocks obligatoires de gaz des États membres à 50 ou 60 jours d'hiver, contre 30 jours actuellement. « Les États membres sont forcés de s'européaniser dès qu'il y a une crise, sinon c'est la dimension nationale qui prime », a-t-il fait remarquer, dans un message sonnant comme un avertissement aux capitales qui ont largement montré qu'elles privilégiaient le cavalier seul sur le front de l'énergie depuis 10 ans.

Insistant aussi sur la nécessité de développer les interconnexions et des mécanismes de solidarité comme les flux inversés, le document que prépare l'exécutif européen insistera aussi, une fois encore, sur le besoin de mettre en place une politique énergétique extérieure commune et une diplomatie de l'énergie active pour accélérer la diversification de l'UE. « Nous ne voulons pas que l'énergie puisse être utilisée comme une arme politique », a insisté M. Oettinger, se montrant en outre favorable à ce que le secteur de l'énergie ne figure pas dans le train des sanctions à l'égard de la Russie, en lien avec la crise ukrainienne.

M. Oettinger a par ailleurs insisté sur l'efficacité énergétique en tant qu'« instrument important » pour réduire la dépendance de l'UE à l'extérieur, l'énergie économisée n'ayant pas à être importée. Or, c'est un secteur dans lequel les États membres rechignent à investir, a déploré le commissaire. « Je ne peux que constater que l'efficacité énergétique est un mot fort utilisé pendant les déjeuners du dimanche, mais pendant la semaine, cela est peu mis en pratique. Les États membres ne veulent pas investir pour l'avenir, alors que ce sont les générations futures qui en bénéficieraient », a-t-il insisté.

Après une nouvelle intervention volontariste du président de la Commission, José Manuel Barroso, sur la nécessité d'une politique énergétique commune, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a promu son projet d'union de l'énergie pour briser l'emprise russe. Ce projet, soutenu par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et porté par la France, en vue du Conseil européen de juin, repose notamment sur l'idée de mécanismes de solidarité renforcés dans l'UE et d'achats gaziers en commun (EUROPE 11065). (EH)

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