Bruxelles, 21/05/2014 (Agence Europe) - Après les voitures et les camionnettes dont les émissions de CO2 sont réglementées dans l'UE, l'heure est venue de mettre les poids lourds à contribution pour lutter contre le changement climatique. La première étape dans ce sens a été franchie mercredi 21 mai avec la stratégie présentée par la Commission européenne pour assurer la transparence des émissions des véhicules de plus de 3, 5 tonnes - camions, bus - qui ne sont pas mesurées actuellement de façon harmonisée. L'enjeu est de taille car ces véhicules lourds sont responsables d'un quart des émissions de CO2 du transport routier dans l'UE.
Ainsi, la Commission propose un instrument de simulation électronique baptisé VECTO pour mesurer, certifier et déclarer les émissions de CO2 des véhicules lourds, comme le lui avait demandé le Conseil en juin 2007. L'année prochaine, elle présentera une proposition législative imposant que les émissions de tous ces véhicules nouvellement immatriculés dans l'UE soient certifiées, déclarées et soumises à une surveillance. Ce n'est qu'une fois cette législation en vigueur que d'autres mesures seront envisagées.
« Nous abordons la prochaine étape pour réduire les émissions du transport routier. Cette stratégie énonce de nouvelles mesures qui, à long terme, conduiront à réduire les émissions des camions et des bus, économisera l'argent des opérateurs et rendra l'Europe moins dépendante des importations de carburants », fait valoir Connie Hedegaard commissaire européenne à l'Action pour le climat.
L'Association des constructeurs européens d'automobile (ACEA) a aussitôt salué l'idée d'introduire un système de certification des émissions, gage, selon elle, d'une transparence totale de l'efficacité des carburants, pour les consommateurs. « L'efficacité des carburants est une priorité pour les entreprises de transport qui achètent et utilisent des camions et des bus, car leurs dépenses de carburant représentent plus d'un tiers de leurs coûts opérationnels totaux », commente Erij Jonnaert, secrétaire général de l'ACEA. Sur la base de données comparables, « le consommateur sera en mesure de choisir le véhicule le plus économe en carburant adapté à ses besoins », ajoute-t-il.
L'ONG Transport & Environment (T&E) déplore que la Commission, tout en soulignant l'urgence de réduire les émissions croissantes des émissions des camions, ne propose à ce stade aucune action décisive. « L'efficacité des carburants des camions a fait du sur place pendant vingt ans. Alors que les États-Unis ont rapidement établi des normes pour les camions américains afin d'améliorer leurs économies en carburant, l'Europe ne fait rien. Des normes d'économie de carburant réduiront à la fois les factures de carburant, les importations d'essence et de diesel, et les émissions de gaz à effet de serre », déclare William Todts de T&D. Entre 1990 et 2010, les émissions des camions ont augmenté de 36% et représentent à ce jour 6% des émissions totales de l'UE. La feuille de route pour une économie compétitive sobre en carbone à l'horizon 2050 et le Livre blanc sur les transports indiquent que le secteur des transports devrait réduire ses émissions de CO2 d'environ 60% à l'horizon 2050 par rapport au niveau de 1990. (AN)