Bruxelles, 17/04/2014 (Agence Europe) - Salué sans réserve par le Bureau européen des Unions de consommateurs, le feu vert donné mardi 15 avril par le Parlement au paquet législatif visant à renforcer dans l'UE la sécurité des produits de consommation et la surveillance des marchés (EUROPE 11062) est critiqué par Eurocommerce sur un point: le marquage « Made in » des produits, jugé trop complexe.
Selon le BEUC, le vote du Parlement traduit la volonté opportune des eurodéputés de s'attaquer à la présence persistante de produits dangereux sur le marché de l'UE et cite parmi les principales avancées: - la mise en place, à l'échelle européenne, d'une base de données répertoriant les accidents et les blessures, afin de permettre aux fabricants de réagir aux différents types de blessures et aux autorités de surveillance de se concentrer sur les produits à risque ; - des sanctions et amendes plus lourdes à l'encontre des revendeurs et fabricants responsables, y compris la publication du nom de l'entreprise concernée ; - l'obligation pour les autorités de surveillance de contrôler la sécurité des produits vendus en ligne ; - le renforcement du principe de précaution garantissant que les produits potentiellement dangereux soient retirés du marché, sur la base d'une présomption justifiée de dangerosité du produit concerné.
« L'apport conséquent des parlementaires européens à l'amélioration de la sécurité des produits de consommation ne verra le jour que lorsque les gouvernements mettront les bouchées doubles pour rapidement transposer ces nouvelles règles. Le débat sur la question de savoir s'il faut ou non adopter un étiquetage obligatoire sur l'origine des produits ne doit pas empêcher que les progrès en matière de sécurité des produits prennent rapidement effet sur le terrain », déclare Monique Goyens, directrice générale du BEUC.
Et d'ajouter: « Nous avons besoin d'autorités de surveillance du marché fortes et disposant de ressources suffisantes pour contrôler toute la chaîne. Les forcer à contrôler les produits vendus en ligne est évidemment une mesure nécessaire, étant donnée la vitesse à laquelle nos habitudes de consommation évoluent ». Le BEUC rappelle que les 41 millions de cas de blessures recensés chaque année représentent un coût de 78 milliards d'euros en soins de santé dans l'UE, ce qui soumet les systèmes médicaux à une forte pression. « Rassembler les données portant sur les blessures constitue un moyen de réduire le nombre d'accidents en incitant les fabricants à améliorer leurs produits et le législateur à améliorer la loi ».
Le « Made In »: une charge sans bénéfices, selon Eurocommerce. Plus mitigé, Eurocommerce voit dans le soutien des eurodéputés à l'introduction du marquage « Made In » sur les produits la volonté du Parlement d'imposer aux opérateurs économiques de nouvelles obligations qui n'amélioreront pas la sécurité des produits et rendront la chaîne d'approvisionnement excessivement complexe. «Le marquage obligatoire du pays d'origine créera des coûts additionnels et des charges pour l'industrie, sans bénéfices clairs pour la sécurité des produits », affirme Christian Verschueren, directeur général d'Eurocommerce. L'organisation salue en revanche plusieurs avancées dont la clarification des obligations incombant aux distributeurs et la possibilité pour les opérateurs de fournir aux autorités de surveillance du marché des informations en ligne. (AN)