Bruxelles, 17/04/2014 (Agence Europe) - Siim Kallas a mis ses menaces à exécution et a enclenché une procédure d'infraction à l'encontre de la France, de la Belgique, de l'Allemagne et des Pays-Bas pour le retard dans la mise en place de leur bloc fonctionnel d'espace aérien (FAB). D'autres États membres devraient suivre. Pourtant, ces gouvernements eux-mêmes avaient accepté ce principe clé du Ciel Unique européen qui consiste à abolir les frontières nationales dans l'espace aérien européen.
Fin des zigzags. Les FABs sont en cela essentiels, puisque la rationalisation des espaces aériens nationaux en neufs blocs européens devrait permettre de gérer de façon plus efficace le trafic aérien et, in fine, des économies de carburants et d'émission de CO2. Concrètement, les avions ne zigzagueraient plus entre les espaces aériens nationaux, mais suivraient une trajectoire plus directe d'un aéroport à un autre.
Mise en demeure par M.Kallas. Les FABs devaient être en place pour le 4 décembre 2012, ce qui était loin d'être le cas à cette date, au grand désespoir du commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, qui n'avait pas manqué d'agiter la menace de sanctions. C'est maintenant chose faite, puisque mercredi 16 avril il a adressé des lettres de mise en demeure aux États membres constituant le FABEC, vue l'absence de progrès pour établir ce bloc. France, Belgique, Allemagne et Pays-Bas ont deux mois pour fournir des explications à la Commission européenne. Si celle-ci ne les jugeait pas suffisantes, elle pourrait émettre un avis motivé, dernière étape avant une saisine devant la Cour de justice de l'UE.
Six autres blocs dans le collimateur. D'autres blocs ne sont guère plus avancés et s'exposent à des mesures similaires dans les prochains mois. Il s'agit des pays censés former les blocs Danube, Blue Med, FABCE, SW Portugal-Espagne, Royaume-Uni-Irlande et Baltique. À ce stade, seuls la Suède et le Danemark auraient fourni les efforts de coopération suffisants pour mettre leur bloc sur pied.
Le commissaire en fin de mandat a perdu patience face aux pertes dues à l'inefficacité dans la gestion du trafic aérien, estimées à 5 milliards d'euros par an. Il a regretté que les espaces aériens communs n'existent que sur le papier « bien qu'officiellement créés, ils ne sont pas encore opérationnels ». Il prie les États membres de faire preuve « de plus d'ambition et d'accélérer la mise en oeuvre du Ciel unique européen ». (MD)