Bruxelles, 13/02/2014 (Agence Europe) - La question des prêts toxiques ('non performing loans') qui plombent le bilan des banques chypriotes doit être abordée « d'urgence », a estimé un haut fonctionnaire de l'UE, mercredi 12 février devant quelques journalistes.
Le niveau des prêts toxiques dans le secteur bancaire chypriote aurait dépassé 50%. Selon cette source, peu a été fait « pour contenir la montée » de ces prêts jusqu'à l'automne 2013. Les banques de l'île doivent désormais appliquer le code de conduite spécifique pour aborder cet enjeu.
Un exercice complexe concerne l'attitude à adopter face aux emprunteurs. « Nous ne soutiendrions pas un moratoire général sur les saisies » immobilières, a dit ce haut fonctionnaire de l'UE. En effet, si c'était le cas, les emprunteurs seraient d'autant moins incités à rembourser leur dette. Dans le même temps, le cadre règlementaire sur l'insolvabilité doit également fournir des protections pour garantir un standard de vie décent.
Ce haut fonctionnaire a réitéré que la 2nde phase de levée des restrictions sur le mouvement des capitaux allait bientôt commencer (EUROPE 11016). Celle-ci ne devrait pas être très longue, selon lui. Au préalable, la libre circulation des capitaux sur le plan intérieur doit être rétablie. Elle dépend notamment de l'achèvement des fusions des coopératives. Jusqu'ici 70 banques coopératives ont été fusionnées en 14 nouvelles entités sur les 90 banques qui doivent l'être en 18 entités.
Quant à l'arrivée imminente du passage au crible du secteur bancaire au niveau européen, sachant que la dernière évaluation de la santé des banques chypriotes date de mars 2013, ce haut fonctionnaire serait « surpris si des choses majeures » en ressortaient. Il n'a toutefois pas tenu à présager des résultats.
Calendrier. Les autorités chypriotes ont encore deux actions préalables ('prior actions') à mettre en œuvre avant le début du mois de mars: la loi sur les privatisations et une loi 'chapeau' connue également sous le nom de 'Fiscal responsibility and budget system law'. Une fois ces deux actions mises en œuvre, l'Eurogroupe de mars devra en principe approuver la prochaine tranche d'aide pour le pays (150 millions d'euros du Mécanisme européen de stabilité et 86 millions du FMI). Entre le 10 et le 15 mars, les parlements nationaux qui le requièrent approuveront alors le versement de l'aide, qui aurait lieu début avril. (EL)