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Bulletin Quotidien Europe N° 11018
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurozone

M. Coeuré défend le rôle consultatif de la BCE au sein de la 'troïka'

Bruxelles, 13/02/2014 (Agence Europe) - La BCE ne joue qu'un rôle de conseil et ne participe pas aux prises de décisions au sein de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), l'entité chargée de représenter les pays sous assistance financière, a déclaré le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de l'Institut de Francfort, jeudi 13 février lors d'une audition publique devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Cette déclaré n'a pas convaincu le co-rapporteur de l'enquête du PE sur les activités de la 'troïka', le Français Liem Hoang Ngoc (S&D), qui a souligné l'influence de l'avis de l'institution européenne notamment dans les décisions prises sur les mesures d'ajustement qu'ont dû prendre des pays comme l'Irlande et Chypre.

Sur la requête irlandaise, soutenue par le FMI mais rejetée par la BCE, de procéder à un renflouement interne ('bail-in') des créanciers seniors pour renflouer les banques, M. Coeuré a défendu ce refus. Un tel 'bail-in' aurait pu, selon lui, nourrir un risque de contagion systémique. Les banques irlandaises systémiques devaient être protégées par les gouvernements et, à l'époque, aucune règle européenne n'existait en matière de 'bail in'. « Cela a changé avec la directive 'BRRD' » relative à la résolution des crises bancaires, a-t-il précisé. Selon lui, la BCE considère que le « passage d'un monde de 'bail-out' [via des fonds publics, NDLR] à un monde de 'bail-in' est une bonne chose ». C'est pourquoi, « nous avons soutenu 'BRRD' et nous aurions été prêts à aller plus loin », a-t-il souligné.

Sur Chypre et la fourniture de liquidités d'urgence ('ELA') à la désormais démantelée banque Laiki, M. Coeuré a considéré qu'il relevait de la responsabilité de la banque centrale chypriote et que, compte-tenu de la perspective d'une assistance financière avec recapitalisation bancaire, Laiki était considérée comme solvable. Il a également souligné que dans certains cas, l'Eurogroupe décidait à contresens des recommandations de la 'troïka'. Et de citer la restructuration de la dette grecque à charge des créanciers privés ('PSI') en 2012, à laquelle la BCE s'était opposée. Il a également précisé qu'une restructuration de la dette grecque n'était pas encore discutée à l'heure actuelle.

Quant à la saisine de la Cour de justice de l'UE par la cour constitutionnelle allemande à propos du programme 'OMT' de rachat de dette, M. Coeuré a estimé que le statut du programme n'avait « pas changé ». « Il peut être utilisé mais il est très improbable que ce soit le cas à l'heure actuelle », a-t-il indiqué.

Sur la structure de la 'troïka', il a estimé qu'elle n'existerait pas dans sa forme actuelle pour toujours, mais qu'il n'y avait pas d'alternative à court terme. Dans le futur, il s'est prononcé pour un organe basé sur la méthode communautaire. Sur la question de la participation du FMI, il n'a pas donné d'avis, se contentant de souligner « la contribution valable » du Fonds jusque là.

La veille, en débat, les députés ont paru d'accord sur le fait que le rapport ne devait pas être un outil de campagne, le PPE appelant notamment à se libérer de toute considération idéologique. Le Suédois Olle Schmidt (ADLE) a tout de même appelé ses collègues à reconnaitre leur responsabilité, s'appuyant sur un rapport de Robert Goebbels (S&D, luxembourgeois) de 2000 recommandant l'entrée de la Grèce dans la zone euro, en faveur duquel une bonne partie des députés présents avaient voté à l'époque. (EL avec MB)

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