Bruxelles, 05/02/2014 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le Premier ministre du Mali, Oumar Tatam Ly, ont dressé le bilan des progrès accomplis depuis plusieurs mois, mercredi 5 février, à l'occasion de la seconde réunion internationale de suivi de la Conférence des donateurs pour le développement du Mali qui s'est tenue à Bruxelles en mai dernier.
M. Tatam Ly a souligné « l'assistance multiforme » de l'UE, qui prend en charge « l'enjeu sécuritaire humanitaire et de développement », une assistance « précieuse qui nous permet d'organiser dans de meilleures conditions la sécurisation des personnes et des biens sur le territoire, la relance économique et la reconstruction des institutions ».
M. Van Rompuy a pour sa part expliqué que l'approche sécuritaire seule ne pouvait apporter de solution durable. « La coopération de l'UE a pour objectif d'aider le Mali à restaurer pleinement la présence de l'État et du service public sur l'ensemble du territoire », a-t-il ajouté. Et d'encourager les autorités maliennes à poursuivre « avec détermination leur objectif de restaurer l'ordre constitutionnel, de promouvoir l'état de droit, de parvenir à une paix durable tout en instaurant la sécurité sur l'ensemble du territoire ».
Pour rappel, sur les 523 millions d'euros promis par la Commission européenne à la Conférence des donateurs, le 15 mai dernier à Bruxelles, la quasi-totalité a été engagée et 238 millions déjà décaissés, notamment pour l'appui direct au budget de l'État malien (30 millions payés en décembre 2013), le soutien au processus électoral et l'appui à la fourniture des services sociaux de base à la population.
Ont été encore approuvés 12 millions pour un appui à la réforme de la justice, 32 millions pour la reprise des travaux de 565 km de route entre Bamako et Tombouctou ainsi que 5 millions d'euros pour un programme visant la prévention des conflits.
Pour la période 2014-2020, l'UE appuiera les efforts maliens grâce à la mobilisation de 615 millions d'euros pour la réforme de l'État, la sécurité alimentaire, l'éducation et la construction de la route reliant Gao et Kidal à l'Algérie.
En parallèle, le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) tiendra une conférence de haut niveau sur le Sahel ce 6 février. Le SEAE met en avant le fait qu'une paix durable ne pourra être atteinte au Mali et dans la région si les causes profondes de la crise dans la région du Sahara et du Sahel ne sont pas abordées, que ce soit au niveau local (nord du Mali, sud de la Libye, …) ou au niveau régional. Le but de la conférence est d'aider à opérationnaliser la plate-forme de coordination internationale pour le Sahel, présidée par le Mali. M. Van Rompuy a lui-même reconnu que les efforts déployés « pour restaurer la stabilité au Mali seront vains si la menace se déplace et si d'autres pays de la région sahélo-saharienne au sens large deviennent les prochaines victimes de la crise ».
Le quatrième sommet UE-Afrique se tiendra pour sa part à Bruxelles les 2 et 3 avril prochains et aura pour thème « Investir pour les populations, la prospérité et la paix ». (EL)