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Bulletin Quotidien Europe N° 11012
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) ukraine

Les députés appellent l'UE à faire plus

Strasbourg, 05/02/2014 (Agence Europe) - Inquiets de la situation en Ukraine, les députés européens ont appelé l'Union européenne, le 5 février, lors d'un débat, à faire davantage face à la crise ukrainienne, lui reprochant de « ne pas avoir fait ce qu'elle avait à faire », alors que la Haute représentante, Catherine Ashton, était le jour même dans le pays (voir autre nouvelle). Les Polonais Ryszard Antoni Legutko (CRE) et Zbigniew Ziobro (EFD) ont critiqué la politique de l'UE vis-à-vis de l'Ukraine. « L'UE n'a ni de bon acteurs, ni des instruments efficaces, ni la volonté de vaincre. Quand la crise s'est déclenchée, l'UE a continué de somnoler. (…) Puisque nous voyons que la stratégie européenne ne fonctionne pas, avez-vous de nouvelles idées en matière de stratégie ? », a lancé M. Legutko au commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle. « Il n'y a pas de stratégie et de feuille de route. Nous avons aussi besoin de propositions économiques et de stratégies politiques », a expliqué M. Ziobro.

Appel à des sanctions

Plusieurs députés ont demandé des sanctions contre les responsables ukrainiens. « Je ne vois pas une stratégie crédible, fondée sur des actions qui pourraient vraiment changer les choses et mettre un terme à la violence », a indiqué le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (belge). « Nous devons charger notre arme, prévoir des sanctions ciblées contre le régime et des personnes ciblées, leur interdire de voyager par exemple, geler leurs comptes à l'étranger. C'est la mesure la plus importante, les sanctions doivent aller de pair avec des mesures positives comme l'exemption de visas pour les citoyens ordinaires », a-t-il indiqué, ajoutant qu'« une fois l'arme chargée, il faudra l'utiliser si le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, ne respecte pas les règles démocratiques: libération des prisonniers politiques, élections législatives et présidentielles anticipées et reprendre la constitution de 2004 ». « En troisième lieu, il faut développer une nouvelle stratégie avec un paquet d'aide financière », a-t-il conclu.

Pour son homologue du S&D, Hannes Swoboda (autrichien), « des sanctions doivent être envisagées mais pour l'instant il faut trouver une solution politique ». « Il faut promouvoir un compromis qui peut être un gouvernement technocratique, de coalition nationale, le retour à la constitution de 2004 pour permettre de trouver une solution et l'intégrité territoriale », a-t-il ajouté.

Le président de la commission des affaires étrangères du PE, au nom du PPE, Elmar Brok (allemand), a considéré que « les personnes qui sont coupables d'avoir emprisonné, torturé ou participé à établir certaines législations devraient avoir une interdiction de voyager dans l'UE et qu'il faudrait contrôler leurs comptes pour voir si cet argent est propre ». Mettant en avant le paquet de mesures à court terme que prépare l'UE, M. Brok a souligné qu'« on aurait pu adopter des mesures à plus long terme », avec des conditions sur des progrès économiques et une discussion avec le FMI.

La vice-présidente des Verts, Rebecca Harms (allemande), a aussi appelé à un gel des visas de dirigeants ukrainiens et à lutter contre le blanchiment d'argent. Elle a également souhaité que le Parlement européen mette en place une mission d'observation permanente « pour discuter en permanence ». « Une telle mission est importante ne fût-ce que pour éviter l'escalade de la violence », a-t-elle expliqué. « Nous devons utiliser tous les moyens à notre disposition pour rejeter toute tentative de partition du pays », a expliqué Adrian Severin (NI, roumain). Selon lui, l'Ukraine n'est pas capable de réussir et l'UE doit intervenir. « Si c'est couronné de succès, nous retrouverons une influence sur le voisinage. Proposer aide et capacité de médiateur pour des réformes constitutionnelles. Le plus important est qu'à la condition que soient adoptées des reformes politiques, l'UE doit proposer un paquet financier aussi important que celui proposé par la Russie », a-t-il ajouté. Mais plusieurs députés se sont aussi opposés aux sanctions, mettant en avant la médiation et s'inquiétant que les sanctions ne représentent la fin des négociations.

M. Füle a souligné que l'UE a une stratégie « pas centrée sur des sanctions mais sur un engagement fondé sur nos valeurs et nos principes ». Face aux critiques, il a précisé que l'UE a une stratégie en trois temps: d'abord la désescalade de la violence et garantir la sécurité et la stabilité, puis avoir un processus politique, avec une plate-forme pour s'attaquer aux défis de l'Ukraine, dont des changements constitutionnels avec des élections libres, justes et équitables et, enfin, la troisième étape sera l'accord d'association, l'association politique, le programme de reformes dans le but de renforcer la démocratie et l'état de droit. (CG)

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