Bruxelles, 19/12/2013 (Agence Europe) - Trois paragraphes, renvoyant notamment la question au Conseil européen de juin 2014. C'est la place, modeste, que les chefs d'État et de gouvernement pourraient consacrer dans le texte des conclusions du Conseil européen. Ils doivent discuter, ce vendredi 20 décembre, des mesures à prendre après le drame survenu le 3 octobre dernier à Lampedusa, qui a provoqué la mort de 360 migrants.
Trois paragraphes, selon des conclusions provisoires, dont la réécriture a légèrement changé ces derniers jours mais qui reprennent les mêmes idées, à savoir la priorité consacrée à la coopération avec les pays tiers afin d'empêcher le départ des migrants, aux programmes de protection régionaux et aux partenariats pour la mobilité ainsi qu'à une politique efficace en matière de retour. Le Conseil européen souligne aussi « l'importance » qu'il attache à la réinstallation des personnes en besoin de protection, sans s'engager toutefois concrètement au niveau européen. Des conclusions provisoires indiquent que le Conseil attache de l'importance « à la contribution aux efforts déployés au niveau mondial dans ce domaine ».
Pour le reste, le Conseil européen « accueille avec satisfaction la communication de la Commission, qui définit trente-huit mesures opérationnelles », indique le projet. Les dirigeants de l'UE souhaitent une mobilisation de tous les efforts pour « mettre en oeuvre les mesures proposées dans cette communication, selon un calendrier clairement défini ». Cette formulation, explique une source, ne veut toutefois « pas dire que le Conseil mettra en oeuvre toutes les mesures proposées » le 4 décembre. Certains pays ont en effet déjà affiché publiquement leur opposition à certaines d'entre elles, comme la possibilité de délivrer des 'visas humanitaires' aux personnes en besoin de protection depuis les pays tiers. Un dispositif que certains pays ne veulent pas forcément voir se développer au niveau européen et devenir contraignant et dont ils craignent, comme la France, qu'il n'envoie de mauvais signaux aux migrants en créant un appel d'air.
Le Conseil européen préconise aussi « un renforcement des opérations de surveillance des frontières menées par Frontex et des actions visant à lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains, ainsi qu'une solidarité appropriée à l'égard de tous les États membres soumis à une forte pression migratoire ». Les 28 doivent discuter vendredi de ces questions, mais tant le contenu que l'intensité de la discussion, dépendront des autres dossiers mis à l'agenda, dit une source. À moins que le sujet ne prenne plus d'enjeu si le Premier ministre italien, Enrico Letta, devait être tancé sur le traitement que son pays réserve aux migrants, notamment à Lampedusa, traitement dégradant qui a causé mercredi une nouvelle polémique avec la commissaire Malmström (EUROPE 10987). (SP)