Bruxelles, 19/12/2013 (Agence Europe) - Les États membres sont conscients de la nécessité de mettre en place des stratégies pour combler le manque de compétences numériques des demandeurs d'emploi sur le marché du travail, mais l'adoption de politiques réellement efficaces reste limitée et l'apanage de quelques États membres seulement. C'est la conclusion que les experts ont tirée à l'issue d'une conférence organisée par la DG Entreprise et Industrie de la Commission européenne qui s'est tenue la semaine dernière à Bruxelles, en partenariat avec la European e-Skills Association.
À l'heure actuelle, l'Union européenne compte environ 274 000 emplois vacants dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC). Ce nombre devrait croître à 509 000 postes d'ici 2015 et entre 750 000 et 1,38 million, selon le scénario le plus pessimiste, d'ici 2020. Un véritable défi pour le marché de l'emploi, alors que la majorité des demandeurs d'emploi ont des connaissances insuffisantes en matière de nouvelles technologies. La conférence a réuni experts, universitaires et représentants politiques qui ont dressé une vue d'ensemble précise de la situation dans les différents États membres, cerné au plus près les évolutions dans un proche avenir et discuté des stratégies à mettre en place aux niveaux national et européen. La Commission européenne est consciente de l'urgence de mettre en oeuvre des politiques aptes à relever le défi et à inverser la tendance actuelle. Elle a lancé, au début de l'année 2013, une grande coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique (« Grand Coalition for Digital Skills and Jobs »), appelant à des collaborations actives dans des domaines tels que la formation aux services de l'entreprise, l'aide à la mobilité professionnelle, la certification des compétences, l'amélioration des programmes scolaires et universitaires, la sensibilisation et la mise en place d'un environnement propice pour les jeunes entreprises innovantes. Au niveau national, si tous les États membres sont conscients de l'urgence d'adopter des politiques efficaces, peu ont adopté une stratégie concrète et ceux qui l'ont fait sont ceux dont l'urgence se fait le moins sentir. Les universités et écoles commerciales ne délivrent toujours pas de programmes hautement spécialisés dans l'enseignement des compétences TIC. Le Royaume-Uni et l'Irlande sont ceux qui sont le plus à la pointe en la matière. La Belgique, l'Allemagne, le Danemark, la France, Malte, les Pays-Bas et la Suède sont également relativement performants pour ce qui est de la formation de leur force de travail dans les TIC. Au-delà des connaissances pointues dans les nouvelles technologies, les experts ont souligné également la nécessité de former de véritables leaders spécialisés dans les TIC, capables d'identifier et de concevoir les « business models » nécessaires pour créer les entreprises performantes de demain. En janvier 2014, la Commission lancera une communication et une campagne de sensibilisation d'envergure paneuropéenne, « e-Skills for Jobs », et développera une nouvelle initiative sur l' « e-Leadership », destinée à encourager les entrepreneurs, les managers et les spécialistes IT à développer leurs compétences au plus haut niveau. (IL)