Bruxelles, 19/12/2013 (Agence Europe) - Avant même que le débat ne s'engage sur la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et sur l'industrie européenne de la défense, jeudi 19 décembre, les déclarations des chefs d'État et de gouvernement soulignaient la très grande diversité des ambitions et des centres d'intérêt. Londres se distingue particulièrement. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a ainsi affirmé qu'il « n'est pas convenable pour l'UE de se doter de capacités communes, d'armées, de moyens aériens ».
Ce Conseil européen n'atteindra certainement pas le niveau d'ambition souhaité par le Parlement européen. Malgré l'insistance de son président, Martin Schulz, les chefs d'État et de gouvernement ne vont pas saisir cette rare occasion que représente ce rendez-vous pour engager l'élaboration d'« une nouvelle stratégie européenne de sécurité », comme le président Schulz le leur a demandé lors de son traditionnel discours devant le Conseil européen. Sans une telle stratégie, la remarque du Premier ministre belge, Elio Di Rupo, sur le fait qu'aujourd'hui « on n'est pas du tout à une Europe de la défense intégrée, mais on franchit des étapes », prend tout son sens.
Une de ces étapes consistera à accroître la coopération. Ici, un semblant de consensus règne. Mais le Premier ministre britannique a souhaité tracer une ligne rouge: « Nous devons établir une séparation claire entre la coopération, qui est bonne, et les capacités de l'UE, qui sont mauvaises. » Cette remarque a quelque peu irrité le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen. À l'issue de sa rencontre avec le Conseil européen, jeudi 19 décembre, il a souligné que le développement des capacités militaires que les chefs d'État et de gouvernement sont amenés à soutenir ne seront pas « en possession de l'OTAN ou de l'UE ». Ces capacités de défense sont « détenues par les nations à titre individuel (…) et elles permettent à ces pays d'apporter une contribution plus forte pour répondre aux crises dans le cadre de leur choix - que ce soit celui de l'UE ou de l'OTAN ou de toute autre manière ».
La délégation française est arrivée à Bruxelles en faisant la promotion de l'idée d'un fonds spécial pour financer le déploiement de la force de réaction de l'UE, les groupements tactiques et des missions civiles et militaires dans le cadre de la PSDC. Une réforme des mécanismes de financement, selon Paris, devrait renforcer la capacité des Européens à réagir en commun, notamment dans des situations analogues à celles où la France s'est récemment trouvée seule, à deux reprises. En même temps, la France continue d'espérer plus de soutien européen pour son intervention en cours en Centrafrique. Le président français, François Hollande, a bien remercié chaleureusement ses homologues européens pour leur « soutien politique », mais il attend aujourd'hui que « des financements suivent », a-t-il dit à son arrivée à Bruxelles. La Belgique est prête à donner un coup de main, tout comme la Pologne, mais pour l'instant uniquement sur le plan logistique. Le Premier ministre belge a coupé court aux rumeurs concernant l'envoi de 150 soldats belges en Centrafrique pour sécuriser l'aéroport, en affirmant qu'une telle décision, si jamais elle devait être prise, « se fera dans un cadre européen et certainement pas sur un plan uniquement bilatéral ». (JK/OJ)