Bruxelles, 09/12/2013 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, se rend à Kiev ces mardi 10 et mercredi 11 décembre « pour soutenir un moyen afin de sortir de la crise politique », a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 8 décembre, à la suite d'une conversation téléphonique avec le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. « Elle peut aussi avoir un rôle en essayant d'apporter des solutions à la situation très tendue que l'Ukraine vit aujourd'hui », a-t-il également expliqué lors d'une conférence en Italie le 9. « Nous n'allons pas résoudre la crise mais accompagner la recherche d'une solution à la crise politique », a souligné la porte-parole de la Commission Pia Ahrenkilde-Hansen. Selon Maja Kocijancic, la porte-parole de Catherine Ashton, le rôle de « médiateur formel » à la crise n'a pas été évoqué.
Mme Ashton, qui se rend en Ukraine avec « une petite délégation » et sans le commissaire à la Politique de voisinage, Stefan Füle, devrait rencontrer « toutes les principales parties prenantes », que ce soit l'opposition, le gouvernement et la société civile. Elle devrait « demander à toutes les parties impliquées de travailler à une sortie politique de la crise », selon sa porte-parole. Selon Mme Ahrenkilde-Hansen, la visite de Mme Ashton a été proposée par M. Barroso et la proposition a été saluée par le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. Le premier a demandé au second de recevoir Mme Ashton.
Lors de son entretien téléphonique avec M. Ianoukovitch, M. Barroso a rappelé la « nécessité d'une solution politique aux tensions actuelles, à travers le dialogue avec l'opposition et la société civile » et le besoin de respecter les libertés civiles et d'exercer un maximum de retenue, « de ne pas utiliser la force contre les gens qui manifestent pacifiquement ». Mme Ashton devrait aussi rappeler l'importance d'éviter la violence et d'enquêter sur les violences commises contre des manifestants pacifiques.
Le président de la Commission a aussi rappelé la position de l'UE, qui souhaite signer l'accord d'association avec une zone de libre-échange approfondi et complet, une fois que les conditions nécessaires seront réunies.
Les Européens saluent la possible table ronde et appellent au calme
Alors que M. Ianoukovith a accepté de rencontrer trois anciens chefs d'État du pays qui soutiennent la contestation pro-UE, ce mardi, le commissaire Füle a précisé que « tout appel à un vrai dialogue national (…) est le bienvenu ». « Il faut prendre la déclaration (du président) au sérieux et créer les bonnes conditions de départ pour une telle table ronde », a-t-il ajouté, précisant que les conditions sont créées en vue de trouver un consensus aux défis auxquels l'Ukraine est confrontée.
Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Linas Linkevicius, a espéré que la disposition du président ukrainien de parler à l'opposition est « vraie » et que cela se traduira « par une réduction des tensions ». M. Linkevicius a aussi fait part de ses préoccupations face aux informations selon lesquelles les forces spéciales étaient, le lundi 9 dans l'après-midi, dans le centre de Kiev et pourraient avoir eu recours à la force pour déloger les manifestants. « Toute utilisation de la force risquerait de mettre à mal des efforts pour un dialogue. Insistons pour qu'il n'y ait pas de recours à la force », a-t-il ajouté. Suivant les événements « avec une grande préoccupation », l'ambassadeur de l'UE, Jan Tombinski, a tenu à « rappeler aux autorités ukrainiennes que l'utilisation injustifiée de la force et de la police anti-émeute contre des manifestants pacifiques est inacceptable ». « Nous exhortons le gouvernement ukrainien à respecter la liberté d'expression et de réunion confirmée par ses engagements internationaux. La crise actuelle devrait être résolue par le dialogue et des moyens politiques », a-t-il ajouté.
Soutien aux manifestants
Le président de la Commission européenne a apporté, le 9 décembre, son soutien aux manifestants, ces « jeunes gens dans les rues d'Ukraine (…) écrivent le nouveau récit pour l'Europe ». « Je pense que l'Union européenne a le droit et le devoir de soutenir le peuple de l'Ukraine en cet instant très difficile, parce qu'il donne à l'Europe une des plus grandes contributions qui puissent être données », a-t-il expliqué. « Quand nous voyons dans les rues froides de Kiev, des hommes et femmes avec le drapeau européen, luttant pour le drapeau européen, c'est parce qu'ils se battent aussi pour l'Ukraine et pour leur avenir », a-t-il ajouté, soulignant que ces manifestants « savent que l'Europe n'est pas seulement une terre d'opportunités en termes de développement économique (…) mais aussi la promesse d'espoir et de liberté ». (CG)