Bruxelles, 09/12/2013 (Agence Europe) - Six organisations (COCERAL, COPA-COGECA, EBB, EPURE, PANGEA et FEDIOL), qui représentent différents maillons de la chaîne de fabrication et d'exploitation des biocarburants, ont appelé, lundi 9 décembre, le Conseil à rejeter la proposition de compromis mise sur la table par la présidence lituanienne visant, d'une part, à imposer une limite de 7% pour l'utilisation des biocarburants produits à base de cultures agricoles et, d'autre part, à introduire des facteurs ILUC (changement indirect d'utilisation des sols, ILUC=Indirect Land Use change).
Les ministres de l'Énergie des Vingt-huit devraient parvenir, le 12 décembre, à une position commune sur un texte visant à prévoir une limitation à 7% de la première génération de biocarburants.
Lors d'une conférence de presse, ces 6 associations ont exprimé leurs préoccupations sur les effets néfastes de la proposition de compromis de la présidence sur les emplois dans le secteur agricole et dans le secteur industriel de l'UE. Elles estiment que ce texte ne garantit pas que les investissements passés soient sécurisés et empêche de prévoir tout investissement à l'avenir. Bien que le texte fixe une limite pour la production de biocarburants classiques et les limite via des valeurs ILUC lors de la transmission des performances en matière de gaz à effet de serre des biocarburants, ce texte passe à côté de l'occasion de favoriser le développement de biocarburants avancés et menace même les objectifs fixés pour 2020 par l'UE en matière d'énergie renouvelable.
Pour le secrétaire général du COPA-COGECA, Pekka Pesonen, cette proposition, qui limite à 7% l'utilisation de biocarburants produits à partir de cultures arables, est « totalement inacceptable et porte un coup à la crédibilité des institutions de l'UE ». Le texte menace selon lui: - les objectifs énergétiques et climatiques de l'UE ; - plus de 200 000 emplois, principalement dans les zones rurales, et l'approvisionnement en aliments pour animaux. M. Pesonen explique que les sous-produits de la production conventionnelle de biocarburants, tels que les tourteaux de colza, la pulpe de betterave et les drêches séchées de distillerie, « jouent en effet un rôle important sur le marché des aliments pour animaux protéinés et au sein de la chaîne alimentaire européenne, alors que l'UE se trouve confrontée à une pénurie croissante ».
Raffaello Garofalo, secrétaire général de l'EBB, a déclaré: « Le compromis sur la table ne reconnaît pas les efforts déployés par notre industrie en termes d'investissements et de performances de durabilité. Les valeurs ILUC (même en termes de 'reporting') devraient empêcher toute utilisation du biodiesel dans les transports, en ternissant la réputation de notre industrie. La proposition menace le développement des énergies renouvelables en Europe et limite les investissements futurs dans les biocarburants, sans fournir aucune aide pour 'décarboniser' le secteur du transport de l'UE ». (LC)