Bruxelles, 09/12/2013 (Agence Europe) - Le ministre chypriote des Finances, Harris Georgiades, a mis en garde, lundi 9 décembre, contre le recours sans préparation minutieuse au procédé dit de renflouement interne ('bail-in'), qui consiste à infliger des pertes sèches aux actionnaires, créanciers et, dans certains cas, aux déposants des banques en participation à leur recapitalisation avant injection éventuelle d'argent public.
Rencontrant la presse en marge de l'Eurogroupe, M. Georgiades a estimé que le 'bail-in' utilisé à Chypre, premier du genre, n'avait pas été « sans effets secondaires ». « Le bail-in n'est pas quelque chose qui serait à recommander, mais contre lequel mettre en garde » a-t-il déclaré, en réponse à une question. Il a préconisé une action « précoce et décisive » pour éviter l'escalade de problèmes qui avaient rendu les choses plus difficiles à gérer sur l'île. Face à la crainte d'un 'bank run', des mesures de restriction du mouvement des capitaux avaient été instaurées en mars dernier. M. Georgiades a espéré lundi matin une levée totale de ces restrictions au printemps 2014, grâce à des « progrès remarquables dans le secteur bancaire ». À ses yeux, le « manque de préparation et l'absence d'un cadre adéquat » ont compliqué la situation. Pour ces raisons, il a souligné le besoin de règles communes au niveau de l'UE, y compris sur le cadre de résolution bancaire.
M. Georgiades a indiqué qu'il n'avait pas encore été informé, lundi matin, sur le mini Eurogroupe ayant planché sur la résolution unique à Berlin vendredi 6 décembre. « L'union bancaire concerne directement nos efforts communs pour rétablir la confiance dans notre système bancaire », a-t-il déclaré, ajoutant que tout délai dans une décision « ne serait au bénéfice de personne ». (EL)