Bruxelles, 25/11/2013 (Agence Europe) - Pour la première fois, l'Eurogroupe a eu une discussion ex ante essentiellement concentrée sur les projets de budget 2014 des pays présentant un risque de ne pas respecter les règles révisées du Pacte de stabilité et de croissance.
« Les problèmes de l'Europe sont structurels, donc nous devons les affronter de façon structurelle », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, vendredi 22 novembre. Il a souligné l'importance de se focaliser davantage sur la qualité et la composition de l'ajustement budgétaire afin de privilégier les investissements productifs et porteurs de croissance tels que l'innovation, la recherche et l'éducation. « D'une manière générale, il est nécessaire de renforcer les réformes structurelles pour favoriser une croissance durable et la création d'emplois », a enchaîné le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn.
Les discussions des ministres de la zone euro se sont focalisées sur les cinq pays (Espagne, Italie, Luxembourg, Malte, Finlande) dont les projets de budget présentent le risque de ne pas respecter le Pacte et sur les trois autres (France, Pays-Bas, Slovénie) qui ne disposent d'aucune marge de manoeuvre (EUROPE 10964). « Nous respectons pleinement ce que la Commission a dit sur les projets de budget. Il n'y a pas de changement dans le verdict », a indiqué M. Dijsselbloem: les pays risquant de ne pas être en ligne avec le Pacte sont « invités à prendre des mesures additionnelles de consolidation » et leur ministre respectif ont exprimé leur « engagement total » à affronter les risques identifiés.
L'Italie a, par exemple, annoncé de nouvelles mesures dans le cadre d'une évaluation des dépenses publiques afin de réduire son endettement public excessif. Pour M. Rehn, cette démarche doit déboucher, dès début 2014, sur des actions de nature permanente équivalentes à 0,4% du PIB structurel pour qu'elles soient prises en compte dans la prochaine analyse de la Commission en février. Et, in fine, permettre à cet État membre de bénéficier de la clause d'investissement autorisée pour les pays dont le déficit est inférieur à 3% du PIB. L'Espagne envisage une 2ème réforme du travail, a noté le commissaire, pour qui l'ampleur de l'ajustement structurel espagnol se limitera à 0,25% du PIB. Concernant la Finlande, il a qualifié d'« inquiétante » l'évolution de la trajectoire de la dette publique qui dépassera, pour la première fois, le seuil de 60% du PIB. Quant au Luxembourg, il devra proposer, à l'instar de l'Allemagne, un nouveau projet de budget 2014 une fois un nouveau gouvernement en place.
Dans sa déclaration, l'Eurogroupe appelle la France, Malte et les Pays-Bas à appliquer « rigoureusement » leur projet de budget et à « prévenir l'apparition de dérapages qui mettraient en danger le respect du Pacte ». Pour la France, M. Rehn a espéré « une accélération » des réformes économiques.
La Belgique et l'Autriche apparaissent en mesure de corriger durablement leur déficit excessif, une situation qui devrait leur permettre de sortir de leur procédure d'infraction respective. En revanche, une correction durable du déficit en Slovaquie n'est pas une certitude à ce stade, a considéré le commissaire.
M. Dijsselbloem et M. Rehn se sont félicités de ce nouvel exercice budgétaire qui renforce, selon eux, la crédibilité de la nouvelle gouvernance économique censée renforcer la surveillance budgétaire au niveau européen. « Nous n'avons pas peur de nous confronter et de nous questionner les uns les autres », a estimé le ministre néerlandais. « La tendance à fonder les projets de budget sur des projections hyper-optimistes est beaucoup plus faible que par le passé », a noté M. Rehn. Qui prévoit un net ralentissement de l'ajustement budgétaire moyen dans l'eurozone pour 2014, à 0,25% du PIB comparé à 1,5% en 2012. (MB)