Bruxelles, 25/11/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne s'arme mieux pour appliquer la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines (MGF) alors que la pratique a déjà fait 500 000 victimes dans l'UE. Un plan d'action a été présenté, lundi 25 novembre, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, par la commissaire européenne aux Droits fondamentaux, Viviane Reding, et la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.
La Commission européenne avait déjà lancé le mouvement de lutte contre les MGF en s'associant avec des militants et en ouvrant une consultation publique plus tôt cette année. « Nous présentons aujourd'hui le fruit de cette collaboration. Dans son plan d'action, la Commission réitère son engagement à lutter contre la violence à l'égard des femmes et à éradiquer les mutilations génitales féminines, tant dans l'UE que dans le monde », a expliqué Viviane Reding, comptant sur la collaboration avec les États membres, les Nations unies, les ONG et les communautés concernées pour que les MGF « ne soient plus que de l'histoire ancienne ».
Le plan d'action prévoit une série d'actions, dont les progrès et les résultats feront l'objet d'un bilan chaque année. On y retrouve l'élaboration d'indicateurs pour déterminer le nombre de femmes victimes ou sur le point de l'être. Un volet prévention vise à faire connaître le problème et à mieux former le corps médical. Le volet pénal, quant à lui, devrait être renforcé avec une application effective des lois déjà existantes dans les États membres. Idem en matière d'asile afin de garantir la protection des jeunes filles à risque.
Enfin, l'action européenne devra s'inscrire dans un cadre global. Les MGF devraient être à l'agenda des dialogues bilatéraux où la pratique est en cours et devraient faire l'objet d'une lutte en collaboration avec l'Union africaine et les Nations unies. Il s'agit dans ce cadre aussi de renforcer les législations nationales et d'encourager, mais aussi de former à la question le personnel des délégations de l'UE, et de soutenir les initiatives civiles. Mme Catherine Ashton a d'ailleurs assuré que la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines était de mise aussi dans l'action extérieure de l'UE: « Les outils et les moyens, tant politiques qu'économiques, dont l'UE dispose, seront exploités pour promouvoir des initiatives et des législations qui contribuent à forger un monde dans lequel aucune enfant ne sera plus menacée par cette pratique cruelle et intolérable », a-t-elle déclaré. (MD)