login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10970
Sommaire Publication complète Par article 23 / 37
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat/onu

L'échec a pu être évité in extremis à Varsovie, l'UE soulagée

Bruxelles, 25/11/2013 (Agence Europe) - L'honneur est sauf, l'objectif d'un accord climatique mondial en 2015 demeure, mais le climat n'est pas sauvé pour autant avec la maigre moisson de la dix-neuvième conférence climatique onusienne de Varsovie (COP 19 - 11-22 novembre initialement). Décriée par les pays en développement, les ONG et de nombreux observateurs, elle est pourtant saluée par l'Union européenne, faute de mieux. C'est dire si l'échec a été frôlé de près.

Des progrès de procédure - concernant les pertes et les dommages subis par les pays en développement, les émissions liées à la déforestation et les règles de transparence - et un calendrier pour parvenir à un accord climatique mondial à Paris en 2015 (COP 21) ont finalement sauvé la mise. Tous les pays du monde auront un peu plus d'un an, soit d'ici au premier trimestre de 2015 au plus tard, pour mettre sur la table leurs futures contributions chiffrées - des contributions volontaires, non des engagements contraignants, et sans que mention soit faite du principe d'équité - pour réduire ou limiter leurs émissions de gaz à effet de serre en vue de maintenir la hausse moyenne des températures à la surface de la planète en dessous de 2 degrés Celsius. C'est bien peu et bien loin de ce qu'escomptait l'UE, mais c'est un soulagement car le processus de négociation onusien est toujours sur les rails. L'échec vers lequel s'acheminait la COP 19 à la date supposée de sa clôture (EUROPE 10969) a pu être évité in extremis par un accord a minima obtenu dimanche 24 novembre au matin, après que les négociateurs ont joué les prolongations toute la nuit de samedi. Pour le financement à long terme de la lutte contre le changement climatique, les pays en développement devront attendre pour savoir comment, concrètement, les pays développés comptent atteindre les 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020.

« La conférence climatique de Varsovie nous a montré combien il sera difficile de parvenir à un résultat ambitieux à Paris. Mais les dernières heures ont aussi montré que nous sommes capables d'aller de l'avant. L'UE voulait une approche par étape, et c'est cela qui a été agréé comme la voie à suivre: tous les pays devront contribuer au futur effort de réduction et, dès à présent, tous les pays doivent faire leur travail pour mettre sur la table leur contribution suffisamment tôt avant la conférence de Paris et avant le premier trimestre de 2015 pour ceux qui sont prêts à le faire » , a déclaré Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat.

Valentinas Mazuronis, président en exercice du Conseil Environnement, qui au nom de tous les États membres de l'UE a négocié main dans la main, a rappelé que: « Nous sommes allés à Varsovie en sachant que cette conférence 'intermédiaire' pour préparer la réunion déterminante de Paris en 2015 serait difficile, et nous n'avions pas prévu de résoudre ici tous les problèmes. Bien que la Conférence de Varsovie n'ait pas encore établi la forme juridique des engagements, chaque pays doit faire ses « devoirs », comme le fera également l'Union européenne qui prépare ses engagements pour une période allant jusqu'à 2030 ». Et d'insister sur le fait que les engagements futurs et le calendrier concernent « tous les pays, et pas seulement les pays développés, comme cela était prévu par le Protocole de Kyoto en vigueur jusqu'alors ».

L'eurodéputé Matthias Groote (S&D, allemand), qui conduisait la délégation du Parlement européen à Varsovie, a accueilli cet accord a minima avec circonspection. « Nous saluons le fait que cette conférence ait préservé l'objectif original de la plate-forme de Durban, à savoir un accord global impliquant toutes les parties dans un accord commun juridiquement contraignant en 2015. Sur la route de Paris, Varsovie a réussi à surmonter le fossé entre les pays en développement et les pays développés, mais au prix de formulations et d'un calendrier plutôt vagues alors que nous avons besoin d'engagements urgents et clairs ».

Autant dire que le sommet climatique des chefs d'État convoqué en septembre prochain par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et la conférence climatique de Lima (COP 20) en 2014 auront du pain sur la planche pour garantir la conclusion d'un accord ambitieux à Paris. D'où le nouvel appel lancé par Ban Ki-moon à toutes les parties pour qu'elles préparent activement le sommet mondial du 23 septembre.

Pertes et dommages. Les parties sont convenues d'établir un mécanisme pour promouvoir des moyens de s'attaquer aux pertes et dommages subis par les pays en développement vulnérables au changement climatique, sans toutefois faire mention d'un mécanisme de compensation. Le 'mécanisme international de Varsovie' devra renforcer l'action et le soutien, y compris technologique et financier, améliorer les connaissances et renforcer la coordination, mais le fonctionnement de ce mécanisme n'est pas précisé.

Protection des forêts. Un accord a été trouvé sur un ensemble de décisions établissant le cadre méthodologique pour réduire les émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement (programme REDD +). Deux États membres de l'UE (Allemagne et Royaume Uni), la Norvège et les États-Unis se sont mis d'accord pour financer à hauteur de 280 millions de dollars US l'Inititative du Fonds BioCarbone pour des paysages forestiers durables.

Financement. Les pays développés continueront à mobiliser de l'argent public à des niveaux supérieurs aux 30 milliards de dollars d'aide immédiate pour 2010-2012. Des progrès ont été faits pour rendre opérationnel le nouveau Fonds Vert pour le climat. Plusieurs États membres ont annoncé de nouvelles contributions indicatives pour 2014, d'autres ont déclaré qu'ils le feraient dès que le fonds serait opérationnel.

Règles de transparence. Une décision a été prise rendant opérationnel un nouveau système de « consultation et d'analyse internationale » en vertu duquel les inventaires d'émissions de gaz à effet de serre et autres informations soumises par les pays en développement feront l'objet d'un examen par une équipe d'experts techniques.

« Le Japon et le Canada ont revu à la baisse leurs objectifs. L'Australie, les États-Unis et l'UE ont refusé de dire comment ils augmenteront leur financement climatique pour aider les pays pauvres a s'adapter et à réduire leurs émissions. Les États-Unis, l'Australie, le Japon, le Canada, la Chine, l'Inde, le Brésil et d'autres ont poussé pour donner leur feu vert à un nouvel accord climatique qui permettra aux pays de choisir de faibles objectifs de réduction », déplore l'ONG de développement Oxfam.

BusinessEurope s'alarme du peu de résultats. Rappelant que l'UE n'est responsable que de 11% des émissions globales et que l'industrie européenne a déjà pris ses responsabilités pour réduire ses émissions, l'organisation estime qu'un accord global à long terme est essentiel. BusinessEurope appelle l'UE à se fixer un objectif unique pour 2030 mais à éviter le piège d'une approche unilatérale par une législation avant que les autres parties n'aient pris des engagements clairs. (AN)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
ÉDUCATION - JEUNESSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE