Bruxelles, 25/11/2013 (Agence Europe) - L'UE et les États-Unis reprochent au géant chinois de bloquer l'extension de la liste des produits couverts par l'accord OMC sur les technologies de l'information (ITA).
À une semaine du lever de rideau de la 9ème conférence ministérielle de l'OMC, début décembre à Bali, où les pays parties prenantes à l'ITA doivent s'entendre sur une mise à jour de l'accord, prévoyant notamment l'extension de la liste des produits couverts à 200 nouveaux produits, le ton monte entre les trois premières économies mondiales. L'UE et les États-Unis accusent la Chine de compromettre un accord avec sa requête visant à traiter 141 de ces produits comme des produits sensibles et à en exclure 59 de la liste.
Signé par 29 pays à la conférence ministérielle de l'OMC de Singapour en 1996, l'accord plurilatéral ITA impose aux pays participants d'éliminer complètement leurs droits de douane sur les produits couverts par l'ITA. L'accord a vu son nombre de participants passer depuis à 70 pays, représentant 97% du commerce mondial de ces produits. Sa mise à jour à l'ère de l'Internet vise à libéraliser les échanges pour une longue liste de produits (ordinateurs, téléphones, télécopieurs, logiciels, semi-conducteurs et machines de bureau…).
Les négociations sur l'extension de l'ITA ont atteint un stade critique. La principale question en suspens est la demande de la Chine visant à exclure un grand nombre de produits IT de la libéralisation des échanges, déplorait la Commission européenne, le 21 novembre. « L'UE regrette que la Chine ait jusqu'ici été incapable de contribuer aux négociations sur la mise à jour de l'ITA d'une manière cohérente avec sa position de grand exportateur mondial de ces produits. Je demande à la Chine de retirer de toute urgence ses demandes excessives d'exclusion de produits IT (…) Nous ne pouvons nous permettre de perdre de l'élan pour un accord qui permettrait de libéraliser un volume d'échanges de plus d'un trillion d'euros, soit 7% du total des échanges mondiaux de biens », insistait le commissaire Karel De Gucht, dans un communiqué.
« Le refus de la Chine de montrer plus d'ambition est décevant pour tous les pays, les entreprises et les travailleurs qui pourraient bénéficier de l'expansion du commerce des produits IT. Plutôt que de nous orienter vers un accord significatif à la conférence de Bali, ce refus met gravement en péril les négociations et soulève des questions sur l'engagement de la Chine à respecter les normes de négociations auxquelles elle cherche à participer », s'offusquait de son côté le représentant américain au Commerce, Michael Froman. « On doit avoir la masse critique à bord (de l'accord ITA), on ne peut pas avoir de resquilleurs », ajoutait-il.
Par la voix de son ministre du Commerce, Gao Hucheng, la Chine s'est défendue, le 25 novembre, des accusations américaines, insistant sur les efforts entrepris par Beijing pour faire avancer les négociations sur l'ITA et pour améliorer son offre à plusieurs reprises. « La demande des États-Unis a dépassé de loin ce qui est acceptable pour les entreprises chinoises », a insisté M. Gao, dans une déclaration relayée par l'agence Reuters. Le ministre chinois a en outre réaffirmé l'importance, à ses yeux, de tenir dûment compte des différents niveaux de développement des pays impliqués dans les négociations. (EH)