Barcelone, 12/11/2013 (Agence Europe) - Les Comités économiques et sociaux (CES) de l'espace euro-méditerranéen, réunis le 11 novembre pour deux jours à Barcelone, se félicitent d'un premier résultat dès l'entame de leur session: la reconnaissance de leur rôle en tant que représentants de la société civile au sein du dialogue entre les deux rives et la promesse d'une coopération structurée avec le secrétariat général de l'UpM (Union pour la Méditerranée). Cette coopération sera focalisée sur l'emploi, sujet de préoccupation commune aussi bien au sud qu'au nord, mais aussi sur l'immigration, le rehaussement du rôle des femmes, la promotion de la culture d'entreprise et, dans d'autres domaines, la gestion des ressources en eau et l'environnement en général.
Cette réunion, dans la capitale catalane, la 19ème depuis le lancement de ce dialogue particulier entre acteurs sociaux, s'est tenue sous l'égide de l'UpM et était organisée par le Comité économique et social de l'UE (CESE) qui en assure la présidence.
José Maria Zufiaur Narvaiza, président de la section des relations extérieures du CESE, Pedro Narro, président du Comité de suivi du dossier Euromed au sein du CESE, et Marcos Pena, président du CES espagnol, se sont succédé à l'ouverture pour souligner le caractère « stratégique » et la « centralité » de la politique méditerranéenne de l'UE, malgré les « problèmes qui l'assaillent » et qu'il « faut dissiper ». Un appel général est lancé pour un « diagnostic partagé » des acquis et de ce qui reste à accomplir pour une « gouvernance rationnelle » des affaires de la région.
Si la plupart des intervenants ont tour à tour souligné l'intérêt d'inclure la société civile représentée par les CES et institutions similaires des 43 pays membres de l'UpM, certains ont regretté que l'UE, en tant que telle, ne manifeste pas une volonté positive à cet égard en ne consultant les sociétés civiles qu'après coup. Cette concertation doit être préalable, ont fait valoir aussi bien des délégués du sud que de l'UE.
Le secrétaire général de l'UpM n'a pas, lui non plus, caché son enthousiasme de voir la société civile mobilisée pour donner une impulsion nouvelle à la politique euro-méditerranéenne. « L'époque implique la fin des barrières » entre gouvernants et sociétés civiles et entre public et privé, a-t-il affirmé. Il a plaidé pour la recherche de « synergies » et des « complémentarités » et affirme le devoir d'être « guidés par l'instinct de résultat ». Il est temps, a-t-il aussi dit, « de donner un contenu à l'intégration régionale » dans le bassin méditerranéen, « une des régions les moins intégrées au monde ». L'UpM « s'offre en tant que plate-forme institutionnelle » pour construire « graduellement » la zone commune et commencer par « jeter des passerelles » là où elles sont possibles. Un des premiers grands chantiers sera la création d'emplois pour atténuer la frustration des jeunes générations.
C'était même l'un des thèmes majeurs de la rencontre, laquelle avait à faire un bilan d'étape dans la mise en oeuvre des recommandations adoptées lors de la session d'Istanbul en novembre 2011. « Les jeunes sont considérés comme les principaux auteurs des revendications de changement qui émergent dans l'ensemble de la région », et l'enjeu de l'emploi, selon un rapport présenté, ne serait pas important seulement pour les pays partenaires mais aussi pour les pays méditerranéens membres de l'UE. « Les deux rives possèdent des traits communs très pertinents pour établir un diagnostic du problème ».
Une des clés serait de promouvoir « l'économie sociale et solidaire » indique le rapport. Une autre serait l'accentuation de l'effort commun dans l'éducation et la formation lesquelles, selon les avis exposés, devraient être adaptées aux exigences nouvelles nées de la persistance de la crise et des revendications lancinantes des jeunes issus des deux rives. « Malgré la diversité (..) une stratégie globale » est souhaitée. (FB)