Barcelone, 12/11/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Transports de l'espace euro-méditerranéen se réuniront jeudi 14 novembre à Bruxelles pour assurer la relance d'une coopération basée sur une série de projets concrets dont certains sont assurés d'être financés.
Au cours de cette session, la première depuis la création de l'UpM (Union pour la Méditerranée) en novembre 2008 mais la deuxième depuis le lancement du processus de Barcelone en 1995, les ministres feront le point sur les recommandations dont est saisi le « Forum euro-méditerranéen des transports », créé dans la foulée de la première rencontre ministérielle à Marrakech (15 décembre 2005). Le Forum est géré par la Commission européenne, regroupe un large panel d'experts et a maintenu ses activités malgré les aléas de la coopération euro-méditerranéenne. Il a assuré une concertation permanente entre les opérateurs du secteur et entre ceux-ci et les autorités publiques et a ainsi pu adopter un « Livre bleu » traçant des perspectives sur base d'un « Plan d'action régional dans les transports » - PART - et de 34 recommandations pour la période 2007-2013. Une « Conférence à haut niveau » a eu lieu en décembre 2007 à Lisbonne pour sceller ce plan. Leur concertation est adossée à l'expérience européenne des « Réseaux transeuropéens des transports ». Des groupes de travail par branche ont été formés (transport routier, maritime, aérien, infrastructures, etc.).
Lors de leur réunion du 14 novembre, les ministres examineront une liste de projets ayant atteint un stade de maturité dans laquelle ne figure plus le « projet phare » des « autoroutes de la mer » présenté parmi les six actions prioritaires assignées à l'UpM lors de sa création en 2008. La raison est l'absence de demande de la part des opérateurs comme des États.
Un nouveau projet l'a remplacé et semble être, selon l'avis de Yigit Alpogan, secrétaire général adjoint de l'UpM en charge des transports, l'objet d'une grande attention de la part des acteurs de la coopération euro-méditerranéenne. Baptisé « Logismed-TA », le projet vise à créer un réseau de plate-formes logistiques dans le transport maritime. Son coût estimé à 6,6 millions d'euros sera couvert pour presque la moitié par la Commission européenne (3,2 millions d'euros) qui financera ainsi sa première phase (2014-2017) sous forme d'études et de mise en place de centres pilote dans 3 pays: Maroc, Tunisie et Égypte. Une seconde phase (2017-2020) suivra pour un coût évalué à 3,4 millions d'euros qui serait couvert au titre des appuis du « partenariat de Deauville » conçu par le G8 et le projet sera étendu à 10 pays.
Un autre projet considéré comme significatif sera soumis à l'examen des ministres. Il a pour objectif de proposer une autoroute transmaghrébine allant de l'Atlantique aux frontières sud-tunisiennes et, plus tard, à la Libye, lorsque ce pays aura adhéré à la politique euro-méditerranéenne (il n'a pour l'heure que le statut d'observateur) et lorsque les circonstances politiques et sécuritaires auront été assurées. Le projet consiste à relier, aux frontières, les différents tronçons nationaux (80 km de jonction à construire à la frontière algéro-tunisienne et 22 km entre l'Algérie et le Maroc). Un troisième projet sera présenté jeudi. Il consiste à construire une ligne de chemin de fer en Jordanie reliant des centres de production de phosphates au Golfe d'Aqaba en passant par la capitale Amman. Le projet a vocation à s'intégrer dans un vaste réseau régional couvrant l'Irak, l'Arabie saoudite, Israël et l'Égypte et son coût - 2 milliards d'euros - serait pratiquement couvert par des fonds du Golfe. Un appel d'offres sera lancé avant la fin de l'année concernant une première phase de 18 mois au cours de laquelle débutera le chantier de construction de la ligne.
La réunion devrait en fin prendre connaissance des « grandes lignes d'un nouveau plan d'action » pour la période 2014-2020 dont les détails sont encore discutés. (FB)