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Bulletin Quotidien Europe N° 10961
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SOCIAL - ÉDUCATION / (ae) social

Une conférence sur l'emploi des jeunes aux allures de sommet européen

Paris, 12/11/2013 (Agence Europe) - La conférence sur l'emploi des jeunes, qui s'est tenue à Paris, mardi 12 novembre, a eu les allures d'un véritable sommet européen. Tous les États membres de l'UE ont en effet répondu présent, avec la venue de pas moins de 24 chefs d'État ou de gouvernement, ainsi que de tous les présidents des institutions européennes, pour essentiellement discuter des meilleures pratiques nationales pour lutter contre le chômage des jeunes et de la manière dont les instruments européens peuvent être mobilisés dans les deux ans à venir pour soutenir ces efforts. Trois grands domaines d'action ont, une nouvelle fois, été identifiés: la formation, l'insertion professionnelle et l'entrepreneuriat. « Nous avons un calendrier, des priorités et des instruments financiers », s'est félicité le président français, François Hollande, à l'issue de la réunion. L'absence d'une personnalité s'est fait remarquer à Paris: celle du Premier ministre britannique, David Cameron.

Dans le droit fil de la conférence précédente, qui s'est tenue à Berlin le 3 juillet dernier, la réunion de Paris s'est déroulée en quatre temps, avec toujours ce souci principal de trouver les meilleures recettes pour combattre le chômage des jeunes chez soi, tout en jetant un coup d'œil à ce que fait le voisin. En effet, ce 'combat' se déroule dorénavant sur le sol national, plus qu'européen. La chancelière allemande, Angela Merkel, a d'ailleurs souligné, après la conférence, que l'organisation d'un tel sommet en dehors des réunions formelles de l'UE se justifie par le caractère national du problème et de ses solutions. La majorité des instruments de l'UE sont déjà conçus pour les années 2014-2020, comme l'initiative pour l'emploi des jeunes, dont la 'garantie jeunesse', et rien de nouveau ne point à l'horizon. Selon Paris, en cumulant tous les budgets des instruments européens, qui touchent de près ou de loin aux jeunes, ce sont près de 45 milliards d'euros qui sont mobilisables depuis le début de l'année actuelle jusqu'à fin 2015.

La conférence de Paris a ainsi débuté avec une rencontre entre les partenaires sociaux français et allemands autour des deux ministres du Travail, le Français Michel Sapin et l'Allemande Ursula von der Leyen. Les deux pays gardent toutefois des visions divergentes de ce que devrait être la politique sociale. M. Sapin a ainsi rappelé, la veille de la conférence, le vieux rêve de voir émerger un « socle commun de droits sociaux » au niveau européen, y compris un salaire minimum, a rapporté l'AFP. La réticence de la Commission européenne à porter ce débat au Conseil européen et la difficulté avec laquelle le débat sur un salaire minimum national émerge en Allemagne fait de ce souhait français encore un voeu pieu. Une autre divergence sous-jacente à cette conférence est celle qui touche aux approches nationales pour l'emploi des jeunes: Paris prône des mesures d'accompagnement et des contrats aidés, alors que Berlin considère que c'est dans les réformes structurelles des marchés du travail et des systèmes d'éducation que se trouve la clé pour mettre au travail les 5,58 millions de jeunes européens. Les résultats de cette conférence sont finalement une sorte de mix entre les deux.

Le second point à l'ordre du jour de la conférence a consisté en une réunion des services publics de l'emploi de l'UE pour faire le point sur les engagements pris lors du sommet de Berlin. Les chefs des services publics de l'emploi ont ensuite déjeuné avec les ministres européens du travail, les partenaires sociaux et les trois présidents des grandes institutions de l'UE, Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso et Martin Schulz. L'hôte de la conférence, le président français, François Hollande, a ensuite accueilli une délégation des jeunes du Forum européen de la jeunesse. Au cours de l'après-midi, 24 chefs d'État ou de gouvernement, accompagnés de leur ministre du Travail, les ministres du Travail du Royaume-Uni, du Luxembourg, de Malte et de la République tchèque, ainsi que les présidents des institutions européennes et de la Banque européenne d'investissement (BEI) ont entamé la dernière partie de la conférence. Paris et Berlin y ont présenté les travaux de la matinée, ensuite sept chefs d'État ou de gouvernement ont à leur tour présenté leurs propres dispositifs nationaux. La session s'est clôturée sur un échange de vues entre tous les participants.

Les discussions de Berlin et aujourd'hui de Paris ont ainsi permis d'arriver à un consensus autour de trois domaines d'action clés, que les États membres peuvent appliquer chez eux selon leur souhait: (1) la formation et l'apprentissage (améliorer l'orientation, valoriser les systèmes de formations professionnelles, développer l'Europe de l'alternance, mettre en place une liste des métiers d'avenir qui serait réactualisée tous les deux ans) ; (2) l'insertion professionnelle (développer l'accompagnement personnalisé, accroître l'offre de formations complémentaires et de requalifications, favoriser les dispositifs ciblées d'aide à l'embauche) ; (3) création d'entreprises (simplification des démarches administratives, facilitation de l'accès au crédit). Les objectifs ne sont pas neufs, mais ils ont été mieux structurés grâce aux conférences de Berlin et maintenant de Paris, selon M. Barroso. (JK)

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