Bruxelles, 16/09/2013 (Agence Europe) - 650 millions d'euros, c'est le montant promis, lundi 16 septembre, par la Commission européenne pour soutenir les priorités politiques, de développement et de sécurité en Somalie au cours des trois prochaines années. L'annonce a été faite lors de la conférence internationale de haut niveau pour un « New Deal avec la Somalie », coprésidée par le gouvernement fédéral de la Somalie et l'UE, et qui devait déboucher, lundi en fin d'après-midi, sur la signature d'un engagement mutuel de la communauté internationale et de la Somalie sur un 'compact', c'est-à-dire les priorités clés agréées par l'ensemble de la société somalienne, et un soutien à la reconstruction du pays (EUROPE 10921 et 10900). Historique, le mot était sur toutes les lèvres à l'ouverture de la conférence, à l'évocation des progrès accomplis par le pays depuis son retour dans la communauté des Nations, mais l'exigence de progrès politiques pour étendre à toutes les régions l'accord trouvé avec le gouvernement de Juba, pour respecter les droits humains et parvenir à la réconciliation nationale garante d'une paix et d'une sécurité durables pour le pays et pour toute la Corne de l'Afrique a également été soulignée.
À l'issue de leur rencontre, à mi-parcours de la conférence, José Manuel Barroso, président de la Commission, et Hassan Sheikh Mohamud, président de la République fédérale de la Somalie, ont exprimé devant la presse leur satisfaction et leurs espoirs à l'égard de cette nouvelle ère qui s'ouvre tant pour le peuple somalien que pour les relations entre la Somalie et la communauté internationale, et en particulier pour la coopération entre l'UE et la Somalie. « C'est un événement majeur pour le pays qui a fait des progrès importants. Cette conférence est la reconnaissance de ces progrès, un signe de confiance que la communauté internationale adresse à la Somalie. Après une transition réussie, le moment est venu de la reconstruction et du développement. Nous soutenons vos efforts, le compact guidera notre soutien », a déclaré M. Barroso, en annonçant « 650 millions d'euros pour cette nouvelle phase ». L'adhésion formelle de la Somalie à l'accord de Cotonou entre l'UE et les pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) permettra ce financement sur les ressources du Fonds européen de développement (FED). Les attaques terroristes se poursuivant et les droits humains étant toujours menacés, le soutien au titre de la PESD se poursuivra aussi, et la coopération régionale en matière de commerce, d'infrastructures et de réfugiés bénéficiera à tous, a précisé. M. Barroso.
La Somalie, 80ème membre de l'Accord de Cotonou. La demande d'adhésion de la Somalie à l'Accord de Cotonou avait été acceptée, le 7 juin dernier, par le Conseil des ministres ACP-UE. Le dépôt de son instrument de ratification, lundi 16 septembre, en fait le 80ème membre. Selon le président somalien « l'adhésion à l'Accord de Cotonou offre de nouvelles opportunités de développement, tout comme l'accès aux prêts de la Banque mondiale, au FMI et à la Banque africaine de développement ». Assan Sheikh Mohammud a remercié l'UE et en particulier la Commission d'avoir soutenu le gouvernement fédéral dans la préparation du compact « qui reflète la situation actuelle et les besoins ». Il a également exprimé sa gratitude pour l'opération Atalanta, car « avec le soutien de l'UE la piraterie est tombée à quasiment zéro ». Il convient maintenant de « s'attaquer aux causes » de ce fléau, a-t-il dit.
À l'ouverture de la conférence, Herman van Rompuy, président permanent du Conseil européen, a salué le changement considérable intervenu au cours des deux dernières en Somalie. « Le désespoir qui régnait après 20 ans de guerre, de famine, de déstabilisation a fait place à l'espoir, l'espoir qu'un meilleur avenir est à portée de main. Le Compact sera l'expression de cet espoir », a-t-il déclaré, en félicitant tous les acteurs qui ont accompli « un grand travail à grande vitesse ». Et d'ajouter « Ce qu'il faut maintenant, c'est un grand effort pour s'assurer qu'il sera mis en œuvre ». L'important, selon lui, c'est que le 'compact' a été réalisé par les Somaliens eux-mêmes. « C'est le peuple somalien qui s'est engagé pour le changement, qui a mis en œuvre les réformes et qui a présenté les priorités et l'objectif du compact. Il est essentiel que la confiance entre le peuple et ses représentants, et entre les clans et les régions soit reconstruite. Cela prend du temps. Mais cette fois toutes les parties ont montré leur engagement à le faire fonctionner et à se l'approprier. Sans cela nous ne pouvons pas réussir ». Il a également rendu hommage à l'engagement des pays voisins et de l'Union africaine ainsi qu'aux pays contributeurs de troupes à l'AMISOM (Ouganda, Djibouti, Burundi, Sierra Leone, Kenya) et « un hommage spécial au gouvernement éthiopien pour les efforts incessants qu'il déploie pour encourager le processus de construction de la paix ». La communauté internationale dans son ensemble a fourni un appui politique, financier et économique pour trouver une solution, aux côtés de l'Union africaine, des Nations unies, a-t-il rappelé. Et de saluer les pays du golfe et la Turquie « de plus en plus engagés pour aider la Somalie à se remettre d'aplomb ». L'UE n'est pas en reste. Premier donateur, elle a fourni, en cinq ans, 1,2 milliard d'euros (dont les 124 millions supplémentaires pour AMISOM récemment annoncés).
Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, a insisté sur la nécessité de « garantir la sécurité pour le peuple, y compris la sécurité économique, le développement des affaires, des opportunités pour le peuple, pour l'éduction - toutes ces choses qui sont cruciales pour la relance de la Somalie et pour lui permettre d'avancer ». Assurant du soutien de l'UE, elle a ajouté « c'est un investissement à long terme qui fera la différence ». (AN)