Bruxelles, 16/09/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne va proposer prochainement d'améliorer les mesures visant à vanter les mérites de la consommation des produits agricoles de l'UE.
La Commission va proposer notamment d'augmenter le nombre d'actions d'information et de promotion qui ciblent les pays tiers, des mesures pour éviter une « dispersion des moyens », ou encore d'élargir le champ des bénéficiaires. En outre, la Commission souhaite se donner le pouvoir de réaliser des actions de sa propre initiative, en vue de trouver de nouveaux marchés. Elle prévoit aussi une forte augmentation du budget alloué à ces programmes (200 millions d'euros en 2020).
La Commission prévoit d'adopter d'ici fin novembre une proposition de règlement (le règlement actuel date de 2008) sur des actions d'information et de promotion en faveur des produits agricoles sur le marché intérieur et dans les pays tiers. L'objectif de la proposition, selon un projet vu par EUROPE , est de: « Permettre la réalisation d'actions ciblées par la définition d'une stratégie européenne (...) établissant des priorités sur des marchés et des produits ou des messages à mettre en valeur (par exemple produits à haute valeur ajoutée), en tenant compte des négociations d'accords de libre-échange, des marchés plus porteurs, et en évitant le saupoudrage et la dispersion des moyens ». La Commission propose aussi « un rééquilibrage des actions ciblant les pays tiers », c'est-à-dire d'augmenter le nombre d'actions qui ciblent les pays tiers. Elle note en effet que sur la période 2001-2011, à peine 30% du budget consacré aux actions d'information et de promotion visaient les marchés des pays tiers « alors que ces marchés offrent un potentiel de croissance important ».
En cohérence avec la réforme de la politique agricole commune (PAC) qui « encourage les agriculteurs à se structurer », la Commission veut ouvrir les programmes de promotion aux organisations de producteurs ou leurs associations, en plus des organisations professionnelles ou interprofessionnelles qui en bénéficient déjà. La Commission souhaite aussi pouvoir compléter les programmes en réalisant des actions de sa propre initiative, notamment en vue de contribuer à l'ouverture de nouveaux marchés. Les produits éligibles aux actions cofinancées par l'UE sont les produits agricoles, à l'exclusion du tabac, et les produits alimentaires dont ils constituent la base, les boissons spiritueuses avec indication géographique protégée, ainsi que le vin s'il est associé à un autre produit agricole ou alimentaire. La Commission rappelle que la promotion des vins de l'Union est déjà « une des mesures d'aide phares dans le secteur viticole prévues par la PAC ».
La Commission juge nécessaire de chercher le meilleur retour sur investissement pour ces actions et de prévoir un encadrement strict des possibilités de mentionner l'origine des produits ou les marques commerciales au titre de l'illustration du message principal mettant en avant les caractéristiques intrinsèques des produits agricoles européens. Selon la Commission, « la mention de marques ou de l'origine peut offrir un effet de levier dans le cadre d'actions de promotion, en particulier dans les pays tiers ».
Les programmes soumis par des opérateurs de différents États membres contribuent de manière substantielle à la valeur ajoutée européenne, écrit la Commission dans le projet. La Commission souhaite encourager ce type de programmes multi-pays.
Les initiatives de la Commission, telles que les missions commerciales de haut niveau ou les participations à des foires internationales, facilitent l'ouverture de nouveaux marchés. La Commission prévoit donc des dispositions sur des actions à l'initiative de la Commission (campagnes d'information et de promotion, missions commerciales, participations à des manifestations). D'ailleurs, avant la fin de l'année, le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, mènera une mission en Corée et au Japon, en compagnie d'une trentaine de chefs d'entreprises de l'UE. La Commission prévoit, parallèlement, de développer de nouveaux services de support pour les opérateurs (pour favoriser la connaissance de nouveaux marchés).
La Commission veut aussi simplifier la gestion de la politique d'information et de promotion. Elle compte être plus active dans la gestion des programmes multi-pays pour faciliter leur création et leur mise en œuvre. Son rôle et celui de l'État membre dans le suivi et le contrôle devraient être clarifiés « afin d'éviter des doublons et des longues procédures ». Une « sélection uniquement au niveau de la Commission » est ainsi proposée.
Enfin, d'un point de vue budgétaire, la Commission table sur une augmentation des fonds alloués à cette politique de promotion, en passant graduellement de 61,5 millions d'euros en 2013 à 200 millions d'euros en 2020. (LC)