Bruxelles, 13/06/2013 (Agence Europe) - La crise et les cures d'austérité qui en ont découlé ont fait fuir les ressortissants des pays du sud de l'Europe, qui migrent vers d'autres pays de l'UE de manière beaucoup plus marquée depuis 2009, a indiqué jeudi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son dernier rapport annuel. L'émigration de ressortissants des pays les plus durement touchés par la crise, en particulier des pays d'Europe du Sud, s'est accélérée avec une « progression de 45% entre 2009 et 2011 », écrit l'OCDE. « Depuis 2007, le nombre de Grecs et d'Espagnols qui émigrent vers d'autres pays de l'UE a doublé, pour atteindre respectivement 39 000 et 72 000 ». En Allemagne, poursuit le rapport, le flux d'immigrés grecs s'est accru de 73% entre 2011 et 2012, tandis que le flux d'immigrés espagnols et portugais a augmenté de près de 50% et que celui des immigrés italiens a progressé de 35%.
Mais la situation des immigrés sur le marché du travail s'est nettement dégradée, avec une hausse du chômage de près de 5 points de pourcentage entre 2008 et 2012, contre une progression de 3 points pour les autochtones. Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés ont été les plus durement touchés et les premières victimes de cette tendance sont les immigrés en provenance d'Amérique latine et d'Afrique du Nord poursuit le rapport. Il y a ainsi en Europe un immigré sur deux environ qui est à la recherche d'un emploi depuis plus de 12 mois, selon l'OCDE. L'Organisation estime pourtant qu'une augmentation « du taux d'emploi des immigrés au niveau de celui des autochtones aurait des retombées économiques positives importantes, surtout dans des pays comme la Belgique, la France et la Suède, dont les populations immigrées sont relativement importantes et établies de longue date ». Mais pour mettre ces populations dans l'emploi, « il est essentiel de lutter contre la discrimination », l'étude soulignant qu'il n'est « pas inhabituel qu'une personne ayant un nom à consonance étrangère doive envoyer au moins deux fois plus de candidatures qu'une personne dont le nom n'a pas de consonance étrangère pour décrocher un entretien d'embauche ».
Enfin, l'OCDE calcule dans son dernier rapport l'impact budgétaire de l'immigration sur ses pays membres. « La question de savoir si les immigrés sont des contributeurs nets aux finances publiques ou s'ils en sont des bénéficiaires nets est au cœur des débats », note l'OCDE, qui indique que cet « impact reste limité, n'excédant pas 0,5% du PIB, qu'il soit positif ou négatif ». (SP)