Bruxelles, 13/06/2013 (Agence Europe) - L'Union européenne s'est déclarée jeudi 13 juin « surprise » par « la sévérité » de la condamnation à des peines de prison ferme en Tunisie de trois activistes européennes du groupe Femen, deux Françaises et une Allemande, pour avoir manifesté seins nus à Tunis.
La France et l'Allemagne ont condamné la « lourdeur » de la peine (4 moins de prison fermes), tandis que la diplomatie européenne n'a pas fait montre de réaction officielle et franche. Cette attitude serait l'expression d'une gêne à défendre ouvertement les Femen européennes qui ont manifesté dans la Tunisie actuellement gouvernée par les « islamistes ».
Le porte-parole de Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE, a fait savoir que d'une manière générale, « l'UE ne commente pas les décisions judiciaires. Cependant, elle est surprise par la sévérité du jugement, notamment au regard de décisions de tribunaux tunisiens concernant des actions violentes s'étant déroulées récemment », a déclaré Michael Mann, le porte-parole de Catherine Ashton.
« Au delà de l'affaire des Femen, l'UE souhaite réitérer ses appels au renforcement de la liberté d'expression, conformément aux aspirations de la révolution tunisienne », a souligné Michael Mann. Les Européens souhaitent notamment que soient révisées les lois de l'ancien régime « qui peuvent être utilisées pour la restreindre », selon lui.
L'opposition démocratique tunisienne ne cesse de déplorer la mansuétude dont ont longtemps joui des extrémistes religieux auteurs de violences avérées. Un assassinat politique (de l'homme politique démocrate et laïc, Chokri Belaïd) demeure à ce jour impuni. Et les agresseurs contre l'ambassade américaine en Tunisie n'ont écopé que de peines en sursis suscitant d'ailleurs des remarques acerbes de Washington.
Dans un communiqué, le groupe S&D « s'indigne des sanctions » contre les trois militantes européennes du groupe Femen. La vice-présidente du groupe, Véronique de Keyser, rappelle son « attachement inconditionnel à la liberté d'expression en Tunisie et ailleurs ». « Pour nous, le problème n'est pas 'la lourdeur' de la peine comme le souligne Mme Ashton et les gouvernements français et allemand, mais 'la' peine elle-même », a-t-elle confié à EUROPE.
Les trois militantes européennes, emprisonnées depuis le 29 mai, ont été condamnées mercredi à quatre mois et un jour de prison ferme pour « atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur », pour avoir manifesté en soutien à une camarade tunisienne emprisonnée, Amina Sboui. (FB)