Strasbourg, 13/06/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a appelé, le 13 juin, à une plus grande coordination et à plus de synergie en termes de politique étrangère entre le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), la Commission européenne et le Conseil, afin d'améliorer le leadership politique et la visibilité du SEAE, en renforçant le caractère instrumental du service.
Dans le rapport d'Elmar Brok (PPE, Allemagne) et Roberto Gualtieri (S&D, Italie) sur le fonctionnement du SEAE qu'ils ont largement adopté (501 pour, 96 contre, 13 abstentions), les députés souhaitent que la structure du Service soit simplifiée et que soit mis fin à la duplication des services de la Commission et du secrétariat du Conseil « afin de permettre une prise de décision et des réponses politiques plus efficaces ». « Nous devons dire que ce service est un service de toutes les institutions de l'UE », a précisé M. Brok.
Pour assurer une plus grande cohérence des politiques, la Haute représentante de l'UE devrait présider le groupe des commissaires en charge des affaires extérieures (développement, commerce, élargissement et voisinage), pour développer davantage la pratique de propositions et de décisions communes. Mme Ashton devrait être aidée d'un ou plusieurs adjoints « politiques », responsables devant le PE, estiment les élus. Le Parlement considère aussi qu'il faudrait simplifier et clarifier la structure de commandement du SEAE et renforcer le rôle de son secrétaire général exécutif.
Selon lui, il convient de se concentrer davantage sur la planification stratégique et d'assurer une meilleure cohérence entre les mesures à court et à long terme. Les élus prônent une « structure appropriée », semblable à un Conseil de crise.
De plus, les délégations ont besoin de personnel avec des qualifications et compétences requises pour refléter et servir les besoins et intérêts de l'UE dans ses relations avec le pays ou la région concernés, expliquent les députés. Ces délégations devraient pouvoir offrir une protection consulaire aux citoyens de l'UE des États membres qui ne sont pas représentés dans leur pays, ajoutent les députés, rappelant que toute tâche supplémentaire nécessite de nouveaux moyens.
Le Parlement veut aussi être plus impliqué avec la participation des chefs de missions et d'opérations nouvellement nommés de la PSDC devant les commissions parlementaires responsables avant qu'ils ne prennent leurs fonctions et des comptes rendus politiques complets des délégations aux principaux titulaires de mandat au sein du Parlement.
Réviser, pas tout chambouler. En présentant son rapport, M. Brok a bien précisé que la « démarche à adopter est un verre à moitié plein et pas à moitié vide », ajoutant que personne ne s'attendait à ce que le SEAE soit déjà finalisé à l'été 2013. « Étant donné que nous parlons d'un instrument très important pour arriver à une vraie politique étrangère européenne, on peut dépasser certaines limites, aller de l'avant et corriger ce qui ne fonctionne pas », a expliqué M. Gualtieri, précisant qu'il s'agit de réviser, et « pas tout chambouler ». Les rapporteurs, tout comme plusieurs députés, ont appelé les États membres à collaborer d'avantage avec le SEAE. Et si le rapport pointe les difficultés, les critiques se sont pas « à l'adresse de quelqu'un, cela ne montre pas du doigt la Haute représentante », selon M. Brok. Il a ajouté qu'il y a aussi « beaucoup de choses positives qui sont faites ». Pour Annemie Neyts (ADLE, Belgique), « l'existence même d'un service qui fonctionne relativement bien est déjà positif, un succès pour ne pas dire un miracle, mais bien entendu tout est perfectible ».
Beaucoup de points communs avec la Haute représentante. Ce rapport est la contribution du Parlement au rapport d'examen 2013 du SEAE préparé par Catherine Ashton, et qui devrait être publié en juillet (EUROPE n° 10814). Mme Ashton a précisé que le rapport du PE et sa proposition ont « beaucoup de points communs ». « Le SEAE n'a pas toujours été aussi rapide et complet que je l'aurais souhaité », a-t-elle avoué. Pour elle, « nous devrions examiner les moyens de renforcer la capacité du service à fournir » dans les trois éléments importants de la politique étrangère de l'UE: le voisinage, l'approche globale et la masse critique. Mme Ashton a mis en avant la coopération avec la Commission, soulignant qu' « il y a une tendance à sous-estimer les progrès réalisés dans la recherche de solutions viables pour les changements nécessaires » à la suite de la décision de faire du SEAE un organe autonome. Pour elle, une plus grande clarté sur la suppléance du Haut représentant, que ce soit lors des débats parlementaires ou à l'étranger, est nécessaire. Mme Ashton a considéré qu'il convient aussi de se « pencher sur la structure interne du service », qui compte plus de 3 000 employés, et 141 délégations, et de « clarifier les rapports hiérarchiques ». Elle a souhaité améliorer la rapidité et l'efficacité de la prise de décision opérationnelle dans les domaines de la PESC et de la PSDC. (CG)