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Bulletin Quotidien Europe N° 10856
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) irak

Le Représentant spécial de l'Onu appelle l'UE à agir davantage

Bruxelles, 30/05/2013 (Agence Europe) - Le Représentant spécial des Nations unies pour l'Irak, Martin Kobler, a appelé, le 29 mai, l'Union européenne à se préoccuper davantage de l'Irak. « L'Onu est plutôt isolée en Irak. Nous avons besoin d'un allié qui, pour nous, ne peut être que l'UE pour avoir aussi un soutien politique », a-t-il expliqué devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Soulignant que l'accord de partenariat et de coopération UE-Irak est très important, il a précisé qu'il faut que « l'UE insiste pour jouer un rôle politique en Irak ». Selon lui, la communauté internationale, préoccupée par la situation en Syrie, délaisse l'Irak alors que ce sont « deux côtés d'une même médaille ». « Il faut ramener l'Irak au centre de la scène internationale parmi les différents acteurs de la région », a-t-il ajouté. « L'Irak aujourd'hui se trouve à la croisée des chemins, il y a un risque de marche en arrière considérable. (…) Le spectre de la guerre civile recommence à planer », a-t-il averti.

Précisant qu'il est important que l'UE continue de dire aux responsables politiques qu'ils ont la responsabilité de ne pas laisser ce pays se désagréger (EUROPE n° 10832), M. Kobler a précisé que l'Union devrait avoir une approche plus pratique, être « plus présente dans les projets » sur la justice, les droits de l'homme, l'administration pénitentiaire avec la formation des gardiens. « C'est là que l'UE peut intervenir, montrer son engagement de manière visible », a-t-il expliqué.

Le Représentant spécial a aussi appelé les députés européens à agir pour que le parlement irakien tienne son rôle, ce qu'il ne fait pas, selon lui (EUROPE n° 10817). « Vous devriez établir un contact avec les parlementaires en Irak, avec un plan d'action de parlement à parlement », a-t-il suggéré, regrettant que les relations entre les deux parlements portent essentiellement sur la situation du camp d'Ashraf. « Cela monopolise vos relations avec le gouvernement et le parlement », a-t-il regretté, appelant à discuter également des droits de l'homme, ou de la torture. Il a aussi encouragé les députés à discuter avec leurs gouvernements pour qu'ils acceptent des résidents du camp d'Ashraf.

Souvent critiqué par des députés européens au sujet de son travail sur les camps d'Ashraf et Liberty, il a donné sa version de la situation. « Pour l'instant tout est bloqué », a-t-il expliqué mettant en avant plusieurs problèmes tels que le manque de coopération des résidents, l'expulsion très probable des 100 personnes restées à Ashraf pour surveiller leurs biens et que le gouvernement irakien considère comme des personnes illégales, le problème du contrôle du camp Liberty avec un manque de liberté de mouvement ou de moyens de communication (pas d'Internet ou de téléphone portable). Les contrôleurs des organisations internationales ont de plus en plus de difficultés à avoir des conversations en privé avec les résidents du camp, a-t-il expliqué. « Pour nous c'est un problème humanitaire et non un problème de propriété ou juridique », a souligné M. Kobler. (CG)

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