Bruxelles, 30/05/2013 (Agence Europe) - L'appui des ministres du Développement des 27 à une nouvelle approche globale du développement pour l'après-2015 qui réunisse dans un cadre intégré l'éradication de la pauvreté et le développement durable a été saluée par le WWF, mais de la parole aux actes, il y a souvent un fossé qu'il faut combler, fait observer l'organisation de défense de la nature en appelant les États membres de l'UE à se donner les moyens de leurs ambitions.
Le WWF se réjouit de la volonté de la Commission européenne comme du Conseil Affaires étrangères de l'UE de promouvoir auprès des Nations unies la recherche d'une solution unique à l'éradication de la pauvreté et au développement durable en plaçant la durabilité environnementale aux avant-postes du développement et au cœur de l'éradication de la pauvreté (EUROPE n°10854). LE WWF salue aussi les principes clés établis par le Conseil pour le futur cadre global du développement durable au-delà de 2015, mais au-delà des mots, il lui tarde de connaître comment cette ambition louable sera financée car, selon l'ONG, ce paramètre montrera le degré de sérieux qu'accordent les États membres à leurs engagements.
De vraies mesures vertes, pas du vernis. « Le WWF salue les annonces, mais nous sommes conscients que le succès de cette stratégie, si elle est approuvée par les Nations unies, sera mesuré à l'aune des résultats obtenus. Les objectifs ne devraient pas viser des actions uniquement dans les pays en développement, mais aussi chez nous. Pour l'heure, par exemple, l'Union européenne décide de l'orientation de la politique agricole commune (PAC) et de la politique en matière de biodiversité qui sont loin de pouvoir prétendre constituer des modèles de développement durable. Pour ce qui concerne la seule PAC, les ministres sont plus enclins à donner un coup de vernis vert à cette politique plutôt qu'à prendre les mesures requises, et parfois douloureuses, pour conduire véritablement à un environnement durable et plus sain. Il est temps que les ministres traduisent leurs paroles en actes », déclare Sally Nicholson, directeur de la politique de développement et du financement au WWF.
À l'adresse des ministres de l'Environnement qui se prononceront le 18 juin prochain et du Conseil Affaires générales qui adoptera formellement les conclusions des trois formations du Conseil, le WWF demande que la position de l'UE pour les négociations à l'ONU mette l'accent sur les éléments suivants:
un cadre unique qui intègre les OMD et l'élaboration des objectifs du développement durable ;
l'intégration des trois piliers du développement durable et la reconnaissance de la nécessité, pour tout développement, de tenir compte des frontières de la planète ;
le cadre devrait s'attaquer aux causes de la pauvreté, de la dégradation de l'environnement et des modèles actuels de production et de consommation non durable, et insister sur la nécessité de découpler développement économique et dégradation environnementale ;
la nécessité d'indicateurs de développement et de bien-être qui aillent au-delà du seul PNB ;
ces objectifs globaux, d'application universelle, devraient néanmoins reconnaître les différents niveaux de développement, les différents contextes nationaux et promouvoir l'appropriation de ces objectifs au niveau national ;
la cohérence des politiques pour le développement sera une composante déterminante pour le prochain cadre de développement et constitue une condition sine qua non pour atteindre le développement durable à long terme ;
la reconnaissance de la contribution substantielle qui peut être apportée au futur cadre de développement par la pleine mise en œuvre des accords environnementaux multilatéraux existants. (AN)