Bruxelles, 21/01/2013 (Agence Europe) - Les disciplines budgétaires européennes telles que le Fiscal compact ou la « règle d'or » ont été intégrées par le parlement dans le cadre constitutionnel italien et il serait « très difficile » de revenir en arrière. Grâce à ces mesures qui ont contribué à redonner confiance aux marchés et à stabiliser la situation du pays, ainsi qu'à d'autres mesures visant à réduire certaines dépenses et modifier la fiscalité pour relancer l'économie, l'Italie devrait retrouver l'équilibre budgétaire et relancer la croissance à partir de 2014, a indiqué 1e ministre des Finances italien, Vittorio Grilli, auditionné le 21 janvier par la commission des Affaires économiques et financières du PE.
Le ministre a brièvement exposé les réformes adoptées en 2012 au niveau européen (Mécanisme de supervision bancaire unique et Mécanisme européen de stabilité) pour rompre le cercle vicieux entre système financier et dette souveraine et rétablir les finances publiques. L'Italie, a indiqué M. Grilli, a été l'un des premiers pays à mettre en œuvre ces réformes et ses efforts pour rétablir ses comptes publics et relancer la croissance ont été mis en exergue tant par la Commission que par le G20. Toutefois, a-t-il reconnu, la situation économique du pays reste fragile: en 2012, le PIB a baissé de 2,4 %, mais la récession devrait prendre fin au premier trimestre 2013 avec une reprise pour le reste de l'année, la contribution principale provenant des exportations et des investissements. La croissance moyenne devrait toutefois rester à peine supérieure à 1 % à partir de 2014. Pour faire face à ces performances médiocres, le gouvernement a mis en place une série de réformes structurelles - retraites, marché du travail et marché des produits - qui, selon l'OCDE, devraient stimuler la croissance de quelques points pendant les dix prochaines années. Sur le plan budgétaire, la « règle d'or » a été inscrite dans la Constitution et les mesures adoptées devraient permettre d'avoir un budget en équilibre sur le plan structurel et de commencer à réduire la dette publique à partir de 2014.
La stratégie suivie par le gouvernement pour relancer la croissance, a indiqué le ministre, vise à déplacer la taxation du travail et des revenus vers la consommation (TVA) et la rente immobilière (relèvement et généralisation de la taxation). Parallèlement à un réaménagement de la ventilation des dépenses (Spending review), des programmes ont été mis en place pour promouvoir l'innovation, favoriser la reprise notamment grâce à réduction de la taxation et des mesures fiscales pour favoriser la productivité, financer le calendrier numérique et encourager les start-up. D'autres réformes visent à introduire plus de transparence dans l'administration publique et à lutter contre la corruption (peines plus sévères, inspections plus nombreuses, etc.), à aider les PME (les délais de paiement des administrations aux PMI sont réduits à 30 jours) et à stimuler la productivité du travail.
Répondant à quelques questions des parlementaires, M. Grilli a insisté notamment sur la volonté du gouvernement d'approfondir les libéralisations et de stimuler la compétitivité en réduisant la dimension et l'activité du secteur public en déplaçant par ailleurs l'équilibre entre pouvoir central et entités régionales. À cet égard, il a indiqué que l'impôt révisé sur la propriété immobilière pourrait constituer un revenu pour les entités locales en tant que fonds de financement pour d'autres activités. Sur un autre plan, il a indiqué que l'Italie n'est pas en faveur de l'utilisation du taux de change à des fins commerciales: « Nous pouvons avoir une économie compétitive au niveau international avec une monnaie forte », a-t-il dit. (FG)