Bruxelles, 21/01/2013 (Agence Europe) - L'épilogue sanglant de la prise d'otages en Algérie, sur le site gazier de Tiguentourine-In Amenas, ne serait pas encore scellé malgré les précisions apportées lundi 21 janvier par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Ce dernier a indiqué que trente-sept étrangers de huit nationalités différentes ont été tués lors de l'attaque et les quatre jours de prise d'otages menés par un commando de 32 islamistes venus du Mali sur un site gazier du sud-est de l'Algérie. Les forces spéciales algériennes ont mis fin samedi 19 janvier à cet épisode sanglant.
En outre, un Algérien a été tué, ce qui porte à 38 le nombre de morts lors de l'attaque mercredi dernier d'un bus transportant des expatriés vers l'aéroport d'In Amenas et la prise d'otages qui a suivi, selon ce bilan encore provisoire. M. Sellal n'a pas donné de précisions quant à la nationalité des victimes. Mais parmi les étrangers confirmés morts par leur pays figurent un Français, un Américain, deux Roumains, trois Britanniques, six Philippins et sept Japonais. La Norvège avait indiqué de son côté être sans nouvelles de cinq de ses ressortissants, la Malaisie de deux, Manille de quatre, tandis que les autorités avaient indiqué que trois autres Britanniques étaient probablement morts, de même qu'un Colombien. De nombreux otages étrangers ont été exécutés « d'une balle dans la tête » par leurs ravisseurs, a affirmé M. Sellal. Il a précisé que sept corps n'avaient pas été identifiés parmi les 37 dépouilles étrangères, tandis que cinq étrangers étaient toujours portés disparus après l'attaque.
Du côté des preneurs d'otages, 29 d'entre eux ont été tués et trois arrêtés, selon le Premier ministre qui a ajouté que « les 32 terroristes sont venus du nord du Mali ». Outre trois Algériens, les assaillants étaient de nationalité canadienne, égyptienne, tunisienne, malienne, nigérienne et mauritanienne. Ils étaient dirigés par l'Algérien Mohamed el-Amine Benchenab, très connu des services de renseignement et qui a été tué durant l'assaut de l'armée, débuté jeudi, a précisé M. Sellal. Selon lui, les ravisseurs étaient tous membres du groupe 'Signataires par le sang' de Mokhtar Belmokhtar, l'un des fondateurs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a quitté en octobre pour fonder son propre groupe.
« Les pertes en vies humaines sont lourdes mais beaucoup admettent que les forces spéciales ont évité le pire dès lors qu'il n'était pas question de laisser les terroristes partir avec les otages », écrit l'influent Quotidien d'Oran.
Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a « condamné les actes effroyables commis par des terroristes en Algérie. Il regrette profondément l'issue tragique » qui a abouti à la mort « d'otages innocents, y compris des citoyens européens ». « Mes pensées sont avec les familles des victimes », a-t-il déclaré le 20 janvier.
Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE, a exprimé, « au nom des 27, sa sympathie aux familles » des victimes et son « soutien aux autorités algériennes et aux gouvernements » qui ont compté de leurs compatriotes parmi les morts. « Ces événements démontrent une fois de plus la menace posée par les groupes extrémistes violents en Afrique du Nord et à travers le monde. Nous continuerons de travailler étroitement avec nos partenaires internationaux pour combattre le terrorisme », a assuré Mme Ashton. (FB)