La Chine reste la destination privilégiée des investisseurs. - Une étude de HSBC souligne que les investissements directs étrangers (IDE) en Chine ont reculé en 2012, pour la première fois en trois ans. La crise qui a touché les entreprises européennes n'est pas étrangère au phénomène avec une baisse de 3,8 %, à 6,1 milliards de dollars des capitaux investis par l'Europe. Ceux venant de l'Asie ont baissé de 4,8 %. Avec 95,7 milliards de dollars, le continent asiatique demeure pourtant le premier investisseur étranger en Chine. Les États-Unis ont investi, de leur côté, 4,5 % de plus qu'en 2011. Malgré cette baisse des IDE, la Chine reste une destination privilégiée des investisseurs mondiaux et confirme sa place de premier pays destinataire des IDE mondiaux. Les entreprises chinoises intensifient, de leur côté, leurs liens avec le reste du monde: elles ont investi 77 milliards de dollars hors de leurs frontières en 2012, soit une hausse de près de 29 %. Les investissements directs en Chine ont atteint 111,7 milliards de dollars l'an dernier, un montant inférieur au record de 116 milliards de dollars atteint en 2011 (soit -3,7 %). Malgré un premier semestre plutôt soutenu, la deuxième partie de l'année a vu une montée en puissance des destinations concurrentes. La baisse s'est particulièrement fait sentir en décembre, avec 4,5 % d'investissements directs de moins par rapport à la même période en 2011. Après plusieurs années de surinvestissements, le secteur du textile enregistre un recul sévère, avec une baisse de 18,9 % des capitaux investis sur les neuf premiers mois de 2012. Dans le même temps, ils augmentaient de 66 % en Indonésie et de 43 % en Thaïlande. La hausse constante des coûts salariaux depuis plusieurs années en Chine (+20 % par an en moyenne de 2005 à 2011) n'est pas étrangère au phénomène. De manière globale, d'autres pays asiatiques se présentent comme terres d'accueil intéressantes pour les investisseurs étrangers. C'est le cas de l'Inde et de certains pays de l'ASEAN (Thaïlande, Indonésie, Vietnam et Malaisie). Avant la crise, l'ASEAN attirait 8 % des flux mondiaux, tombés ensuite à 2 %. Désormais, les investisseurs redécouvrent ces destinations au point que l'ASEAN égale aujourd'hui pratiquement la Chine au niveau des IDE reçus (7,6 % et 8,1 % respectivement). Selon HSBC, la part de l'ASEAN dans les flux d'investissements mondiaux devrait encore progresser au cours de la prochaine décennie. À propos de l'Inde, si ce pays propose de réels atouts en matière de main-d'œuvre, la précarité de ses infrastructures et les restrictions bureaucratiques découragent les investisseurs étrangers. Par contre, la part de l'Indonésie devrait passer de 165 millions de dollars actuellement à 183 millions en 2020. Le Vietnam apparaît également comme une destination séduisante, de même que la Thaïlande et la Malaisie mais dans une moindre mesure pour ces deux derniers qui présentent une compétitivité inférieure au niveau des prix. (IL)