Bruxelles, 21/01/2013 (Agence Europe) - Sauf coup de théâtre, le ministre des Finances néerlandais, Jeroen Dijsselbloem, aura débuté, ce mardi, son mandat de 2 ans et demi à la tête de l'Eurogroupe, en remplacement de son homologue luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. À son arrivée à Bruxelles, il a listé deux priorités, à savoir œuvrer en faveur de la croissance et de l'emploi et restaurer la confiance dans la monnaie unique. Âgé de 46 ans, le ministre socialiste en poste depuis trois mois aura connu une ascension fulgurante, profitant d'être au bon endroit au bon moment.
« Il est le candidat pour la présidence de l'Eurogroupe, il n'y en a qu'un seul. Donc forcément, il est le meilleur », a déclaré le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici. Soucieuse que l'Eurogroupe se préoccupe autant de consolidation budgétaire que de croissance, la France a quand même demandé un débat au cours duquel M. Dijsselbloem présente sa vision de l'avenir de l'Eurozone. « Il faut que le successeur (de M. Juncker) soit à la hauteur. Ce que j'ai demandé à M. Dijsselbloem, qui est un homme sympathique, c'est de préciser la façon dont il souhaitait présider l'Eurogroupe et ses positions de fond sur un certain nombre de grands sujets. Il y aura un débat, ouvert, de fond, qui doit aboutir à sa nomination par consensus. Mais il est très important qu'on sache comment il envisage l'avenir de la zone euro, son intégrité. Et surtout, de mon point de vue, l'équilibre entre politiques de croissance et nécessité de la consolidation budgétaire. S'il faut réduire les déficits, nous ne pouvons pas nous résigner à ce que l'Europe soit dans une spirale de récession », a estimé M. Moscovici. Qui a jugé que M. Juncker avait su trouver « le bon équilibre » entre les pays du nord et du sud de l'Europe, entre la réduction des déficits et la croissance, entre la vision allemande et française de la zone euro. J'attends que M. Dijsselbloem soit à « la hauteur de l'héritage », a souligné M. Moscovici.
« Toutes les choses ont une fin, seules les saucisses en ont deux », a estimé M. Juncker, pas mécontent de passer le relais, après 8 huit années à la tête des ministres des Finances de l'Eurozone. (MB)