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Bulletin Quotidien Europe N° 10735
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Laurent Fabius évoque le danger malien

Bruxelles, 21/11/2012 (Agence Europe) - Le ministre français des Affaires étrangères appelle à prendre la mesure des menaces qui pèsent sur la Méditerranée proche en conséquence de la crise malienne et ses retombées sur la sécurité en Europe.

« À la suite du conflit libyen, des groupes terroristes se sont installés au nord du Mali avec beaucoup d'armes et beaucoup d'argent provenant des trafics de drogue et des rançons liées aux otages », rappelle Laurent Fabius dans une interview publiée le 21 novembre dans les pages du Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Ils menacent non seulement le Mali et les pays d'Afrique voisins, mais l'Europe elle-même: France, Allemagne, Grande-Bretagne etc. C'est pourquoi l'Europe ne peut pas s'en désintéresser » car « dès la frontière du Mali franchie, vous êtes en pays limitrophe de la Méditerranée ».Toutefois, estime M. Fabius, « l'action au Mali relève d'abord des Africains eux-mêmes » mais l'Europe peut agir sur un triple plan: politique (favoriser la réconciliation entre Maliens), sécuritaire (formation des troupes locales et ouest-africaines et sans présence au sol de forces armées européennes) et, enfin, humanitaire.

« Il faut bien comprendre que nous sommes (au Mali) face à deux grands maux du 21èmesiècle: le terrorisme et les trafics de drogue. Il est encourageant que, sur ce sujet, l'unanimité se soit faite jusqu'ici au Conseil de sécurité, alors qu'il reste malheureusement divisé sur tant d'autres domaines. » Et les Européens seraient tous au diapason: « Les Allemands savent aussi bien que nous, ainsi que les Britanniques, les Polonais, les Italiens, les Espagnols, etc. » que « notre propre sécurité ne peut pas être indifférente à ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres de chez nous ».

M. Fabius traite dans son interview de différents autres sujets d'importance pour la vie interne de l'UE (entre autres la relation franco-allemande, les évolutions institutionnelles, l'Europe de la défense sans le Royaume-Uni, et aussi la situation en Syrie).

Alger contre toute intervention militaire

Alger ne veut pas d'« une guerre dans son voisinage immédiat », convaincue que les conséquences directes d'un conflit armé (au Mali), quelles qu'en soient les raisons, ne peuvent être que « désastreuses », a affirmé le 19 novembre le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, sur les ondes de la radio nationale. Le ministre a ajouté que « même les pays étrangers, qui ont choisi l'intervention militaire, ont commencé à revoir leurs copies progressivement suite aux derniers développements dans la région, caractérisés par les déclarations d'Ansar Dine et du Mouvement de libération Azawad d'en finir avec la mouvance djihadiste et du rejet du terrorisme, de la criminalité et de l'extrémisme dans la région ». (FB)

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