On avance. Au moment où l'Union Européenne est sur le point d'ouvrir l'un de ses Sommets les plus ardus, consacré aux moyens financiers pour le septennat 2014-2020, j'estime salutaire de résumer les quelques progrès en cours. Je le fais non pas en allant à la recherche de projets à long terme ou d'ambitions hypothétiques, mais tout simplement en citant quelques informations publiées dans notre bulletin n° 10733.
En ce moment, où la tendance générale souligne que l'UE traverse la crise la plus grave de son histoire, un seul de nos bulletins suffit pour se rendre compte des évolutions positives récentes, résumées ci-après.
Brevet européen. Un accord a été défini entre les États membres pour surmonter le blocage de cet élément essentiel du fonctionnement du marché unique, bloqué depuis plusieurs années au niveau communautaire. Le Parlement européen doit donner son accord.
Pêche. La pêche artisanale a fait entendre sa voix à Bruxelles. Les lecteurs n'ignorent pas que la Politique commune de la pêche est, à mon avis, dans plusieurs de ses aspects, mal conçue et dommageable pour l'équilibre naturel, pour la mer, pour la nature, pour le respect des animaux et donc pour la dignité humaine. Le document des représentants de la pêche artisanale, amplement résumé dans notre bulletin 10733, est éloquent et susceptible de contribuer à corriger une politique déséquilibrée et cruelle. Le sujet est peut-être trop spécifique pour attirer tous nos lecteurs ; mais la synthèse publiée leur permettra de se souvenir des liens des anciennes civilisations avec la mer et ses habitants, des dauphins aux mythiques sirènes.
Organismes génétiquement modifiés (OGM). Un groupe de parlementaires européens a relancé le dossier brûlant de l'évaluation des OGM par l'EFSA, l'instance européenne compétente pour l'évaluation des risques. Sans revenir sur le cas spécifique qui a soulevé tellement de polémiques et qui n'est pas encore entièrement clarifié, notre journal a indiqué que les parlementaires réclament l'amélioration des procédures actuelles afin de rassurer les citoyens sur la sécurité de l'alimentation. Le dossier est relancé, nous sommes tous impliqués.
Combattre la violence contre les femmes. Un instrument européen officiel pour combattre toute violence faite aux femmes, y compris à l'intérieur des familles, sera introduit et accompagnera les polémiques sur un meilleur équilibre hommes-femmes dans les organismes communautaires. N'oublions pas qu'elles votent comme les hommes et qu'elles sont plus nombreuses ; au niveau politique, elles peuvent donc agir ; mais la défense de leurs droits et de leur liberté dans la vie quotidienne est parfois plus ardue et surtout plus utile. Nous avons indiqué les initiatives du Parlement européen en ce sens.
Progrès d'une adhésion. Un pays candidat à l'adhésion, la Macédoine (elle s'appelle officiellement ARYM parce que la Grèce réclame l'exclusivité de la dénomination Macédoine pour une de ses régions), a fait un pas significatif vers la liberté de la presse et de l'information. C'est un pas indispensable pour tout pays qui aspire à l'adhésion. Une fois de plus, UE signifie respect de la liberté.
Surveillance nécessaire. Les autorités de plusieurs États membres s'efforcent de discipliner le secteur des jeux et des paris en ligne. Pour plusieurs lecteurs, ce sujet est frivole ; mais j'appartiens à la catégorie de ceux qui considèrent comme importante une réglementation restrictive, compte tenu du nombre de personnes (des jeunes surtout) qui passent des journées entières à tenter le sort, avant parfois de se ruiner.
Image partielle positive Je réaffirme que tout ce qui précède ne représente pas une analyse de la situation actuelle et encore moins un essai savant, mais simplement un résumé succinct de nouvelles qu'Agence Europe a publiées sur un seul jour. Elles prouvent la vitalité de la construction européenne.
Attitudes compréhensibles. Il ne faut pas dramatiser les prises de position très fermes de chaque État membre sur l'un ou l'autre aspect de la négociation globale qui s'ouvre ce jeudi: chacun essaye de renforcer ses positions, tout en étant conscient que les compromis sont indispensables. Je considère que le fait de discuter de la dotation financière de l'UE pour un septennat est en lui-même un signe de confiance. Chaque pays va se battre pour défendre ses intérêts budgétaires et la pérennité des politiques communes qui l'intéressent, c'est compréhensible.
Mais les divergences n'éliminent pas l'avenir ; entre-temps, la construction de l'Europe progresse. Étant entendu que la porte de sortie est ouverte pour ceux qui souhaitent s'éloigner.
(FR)