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Bulletin Quotidien Europe N° 10735
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Faute d'accord, les Dix-sept se reverront, Athènes s'impatiente

Bruxelles, 21/11/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro se sont quittés bredouilles, mercredi 21 novembre au petit matin, au terme de douze heures de discussions. Leur chef de file, Jean-Claude Juncker, s'est avoué un peu déçu par l'issue de cette rencontre, lui qui n'avait pas caché son optimisme à son arrivée mardi après-midi (EUROPE n° 10734). Ce nouveau retard dans les discussions, dénoncé mercredi par Athènes, incombe aux difficultés que les Dix-sept éprouvent à marquer un accord, entre eux et avec le FMI, sur la viabilité de la dette grecque. Cette condition est indispensable pour le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière qui pourrait atteindre 44 milliards d'euros. L'Eurogroupe est donc contraint à remettre le couvert, lundi 26 novembre, même si une décision définitive pourrait n'intervenir que début décembre. Difficile, à ce stade, d'évaluer l'impact de cet échec sur les négociations en cours relatives au cadre financier pluriannuel 2014-2020 (voir autre nouvelle).

Le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a jugé que l'Eurogroupe avait « considérablement progressé en une semaine », sur les ondes d'EUROPE 1. Et d'ajouter: « Il nous reste à mettre la dernière touche, nous allons le faire lundi. » Il s'est toutefois abstenu de commenter les points de blocage, évoquant des « paramètres techniques à régler » sur la manière de ramener la dette grecque sur une trajectoire viable. Tout en reconnaissant plus tard que les négociations portent sur « comment faire en sorte de baisser les taux d'intérêts sur les prêts que les bailleurs internationaux ont consentis à la Grèce, ou comment réduire les profits des banques centrales sur les titres grecs qu'elles détiennent ». Deux voies que pourraient emprunter les Européens.

Alors que la dette grecque menace d'atteindre 190 % du PIB en 2014, le désaccord persiste entre le FMI et l'Eurozone sur le calendrier auquel le ratio dette/PIB grec devait être réduit à 120 %. Le FMI préconise de s'en tenir à 2020, objectif assigné au printemps dernier lors de l'accord politique sur le 2ème sauvetage financier d'Athènes. Les Européens seraient davantage enclins à repousser cet objectif à 2022. Sur ce point, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et M. Juncker ont indiqué, mercredi, qu'ils avaient « rapproché leurs positions ». Selon une source européenne, le FMI pourrait céder sur cette question.

Tout délai additionnel accordé aux Grecs entraînera de fait un besoin de financement supplémentaire. Les avis divergent quant à la manière de le combler. Les Européens préconisent une combinaison d'éléments tels qu'une réduction des taux d'intérêts sur les prêts octroyés combinée à une extension des maturités de ces prêts, voire un moratoire sur leur remboursement. Le rachat par la Grèce de sa propre dette à prix cassés, via une aide des fonds européens de sauvetage est aussi évoqué. Mercredi devant des députés de la coalition gouvernementale, la chancelière allemande, Angela Merkel, aurait évoqué une réduction des taux d'intérêt des prêts accordés à Athènes, rapporte Reuters. Elle aurait envisagé une augmentation de 10 milliards d'euros des garanties nationales sur lesquelles se basent les fonds de sauvetage afin que la Grèce soit en mesure de racheter à moindre coût une partie de sa propre dette. Une option que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a lui aussi évoquée. Selon Reuters, la Grèce pourrait offrir de racheter pour 40 milliards d'euros de dette au tiers de leur valeur.

Pourtant, aux yeux du FMI, aucune de ces solutions ne serait vraiment efficace et ne permettait à Athènes de retrouver rapidement un plein accès aux marchés des capitaux. L'organisation internationale demande aux Européens de consentir à essuyer des pertes sur la valeur des titres détenus par les créanciers institutionnels. La Finlande et l'Allemagne, dont les élections législatives sont prévues en septembre 2013, ne veulent pas entendre parler d'une telle option.

Côté Parlement européen, Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) a exclu toute option qui pèserait sur les contribuables européens. Pour Graham Watson (ADLE, britannique), les Dix-sept doivent « trouver un peu plus d'argent pour aider au rachat de la dette » grecque et le FMI être un peu moins « têtu ».

Athènes s'impatiente. La Grèce a rempli sa part du contrat, reconnaissait mercredi Jean-Claude Juncker, pour qui il revient désormais à l'Eurozone de faire de même. Pour les Dix-sept, les autorités grecques ont en effet procédé à la mise en œuvre de toutes les actions prioritaires relevant des mesures conditionnelles prévues dans le programme d'assistance financière.

L'absence de décision sur le déblocage de la prochaine tranche d'aide financière a provoqué des réactions en chaîne du côté de la coalition gouvernementale grecque. Le Premier ministre, Antonis Samaras, a déclaré que les difficultés éprouvées « ne justifient aucune négligence ou délai ». Il devait s'entretenir, ce jeudi, avec président de l'Eurogroupe. Lui emboîtant le pas, ses partenaires de la coalition gouvernementale, Evangelos Venizelos (Pasok) et Fotis Kouvelis (Dimar), ont appelé les créanciers institutionnels de la Grèce à tenir immédiatement leurs engagements, avertissant du danger que représente ce nouveau retard. (EL)

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