Luxembourg, 15/10/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères ont adopté, lundi 15 octobre, de nouvelles sanctions contre la Syrie, en raison « de l'intensification de la violence » en interdisant de visa et en gelant les avoirs de 28 personnes « responsables de la répression violente exercée contre la population civile ». Deux entités, qui achètent du matériel à double usage, voient leurs avoirs gelés.
L'UE interdit aussi aux Européens d'importer des armes depuis la Syrie, de les transporter et de fournir des services financiers aux exportations d'armes syriennes, dont l'assurance et la réassurance. « Aucun citoyen ou entreprise de l'UE ne doit être impliqué dans la coopération militaire syrienne avec les pays tiers, qui pourrait bénéficier au régime syrien », précise le communiqué du Conseil. Les ministres interdisent aussi l'accès aux aéroports européens des vols de la compagnie Syrian Arab Airlines, qui fait également l'objet d'un gel de sanctions et dont les vols de frets étaient déjà interdits.
Ces sanctions seront publiées au Journal officiel de l'UE ce mardi 16 octobre. Avec ce 19ème train de sanctions, l'interdiction de visas et le gel d'avoirs concernent 181 personnes. 54 sociétés ou administrations sont aussi concernées.
L'UE appelle à la fin des livraisons d'armes et à une transition politique
Dans leurs conclusions, les ministres alertent contre une plus grande militarisation, une radicalisation du conflit et contre une violence sectaire. « Profondément préoccupé » par l'afflux croissant d'armes, le Conseil invite tous les États à s'abstenir de livrer des armes. Il appelle aussi à la protection des civils « en particulier les groupes vulnérables et les communautés religieuses ». Le Conseil souligne la nécessité d'une transition politique, de laquelle doit être exclu Bachar Al-Assad et rappelle qu'une opposition inclusive et coordonnée est « essentielle » pour démarrer cette transition, l'incitant à s'unir. L'UE s'engage aussi à augmenter son aide au renforcement des capacités de la société civile.
Les ministres font aussi part de leur préoccupation au sujet d'un embrasement dans la région. L'Allemand Guido Westerwelle a précisé qu' « il est nécessaire de convaincre ceux qui continuent à protéger le régime d'Assad que le danger d'un embrasement grandit, que le danger d'une guerre par procuration grandit ».
Le Conseil condamne aussi « fermement » les bombardements du territoire turc, appelle toutes les parties à empêcher l'escalade de la violence et les autorités syriennes à respecter l'intégrité territoriale des pays voisins. Le Français Laurent Fabius a expliqué que la France est pour une « désescalade » des tensions, car « rien ne serait pire que d'ajouter au drame syrien un conflit entre les Syriens et les Turcs ». Son homologue britannique, William Hague, a rappelé le soutien de l'OTAN à la Turquie et souligné que la Syrie doit éviter les incidents à la frontière.
Pas d'accord avec la Russie
La veille, lors du dîner de presque quatre heures entre les ministres des Affaires étrangères européens et leur homologue russe, Sergueï Lavrov, aucun accord sur la Syrie n'a pu être dégagé. « Je ne peux pas dire que nous ayons fait quelque progrès que ce soit », a annoncé le Britannique William Hague, précisant que « comme c'est le cas depuis des mois, nous ne sommes pas parvenus à un accord ». Son collègue italien, Giulio Terzi, a précisé que si les évaluations sont différentes, « une compréhension commune de la plateforme sur laquelle on peut construire est celle qui a émergé à Genève ». La Haute représentante, Catherine Ashton, a précisé que le terrain d'entente des Européens et des Russes porte sur le soutien à l'envoyé spécial, Lakhdar Brahimi.
Selon un diplomate européen, M. Lavrov a vivement critiqué l'attitude des Européens et leurs sanctions autonomes. (CG)